La Guinée traverse une période charnière de son histoire footballistique. Après l’échec de la qualification pour la CAN 2025, la Fédération guinéenne de football (FGF) est à la recherche d’un nouveau sélectionneur pour prendre les rênes du Syli National. Un choix jugé décisif par de nombreux observateurs, dont le journaliste sportif Mory Morientes Sidibé, pour relancer la dynamique et restaurer la fierté d’un peuple passionné de football.

Aujourd’hui, la Guinée dispose pourtant d’une génération dorée : Serhou Guirassy, Naby Keita, François Kamano, Mady Camara, Aguibou Camara… autant de talents à gérer et à sublimer. Mais ce vestiaire, riche et hétérogène, nécessite plus qu’un simple entraîneur.
« Ce n’est pas facile de diriger un tel groupe. Il faut de l’expérience, du charisme et une vraie intelligence humaine. Entre binationaux, expatriés et joueurs locaux, le futur sélectionneur devra rassembler tout le monde autour d’un projet clair et fédérateur », insiste Sidibé.
Pour le journaliste, la solution est claire : la Guinée doit se tourner vers un technicien étranger. Non seulement parce que les rares entraîneurs locaux diplômés Mamadouba Sylla « Gaucher », Kanfory Lappé Bangoura, Mory Fofana — ne possèdent pas la licence CAF Pro ou UEFA Pro exigée, mais aussi en raison du manque d’expérience sur la scène internationale.
Autre défi : le style de jeu. Historiquement portée vers l’offensive, la Guinée a montré un visage plus frileux sous Kaba Diawara. Une erreur stratégique, selon Sidibé :
« Avec un attaquant comme Serhou Guirassy, il faut bâtir une équipe offensive autour de lui, comme le Cameroun l’a fait avec Eto’o ou la Côte d’Ivoire avec Drogba. Nous avons les armes, il faut les utiliser. »
Le calendrier, lui, ne laisse aucun répit. Avec les éliminatoires de la Coupe du monde en cours et la CAN 2027 en ligne de mire, le futur sélectionneur devra produire des résultats immédiats. « Ce n’est pas le moment d’expérimenter sur le long terme. La Guinée doit redevenir compétitive dès maintenant », martèle Sidibé.
Enfin, un autre chantier attend le prochain patron du Syli : la discipline. Après le départ de Diawara, le cadre strict autour de l’équipe s’est effrité. Vidéos d’influenceurs dans les hôtels, joueurs déconcentrés, interventions maladroites du ministre des Sports… autant d’éléments qui ont fragilisé le groupe. « Le sélectionneur doit imposer de l’ordre et protéger son vestiaire, sinon le chaos reviendra », prévient Sidibé.
La Fédération, elle aussi, devra assumer ses responsabilités en donnant au futur coach le temps, les moyens et la sérénité nécessaires, loin des improvisations du passé.
Le Syli National attend désormais son chef d’orchestre, capable de transformer le désordre actuel en harmonie, et de rendre au peuple guinéen la fierté d’entendre rugir son équipe sur les pelouses africaines.
Car au bout du compte, c’est bien plus qu’un entraîneur que la Guinée cherche : c’est un leader pour écrire une nouvelle page d’histoire.
Kankan, Ibrahima Yansané & Alhassane Tenin Traoré, pour www.gbaikandjamana.org



