À Kankan, dans le quartier Kankancoura, un seul cimetière sert de lieu de repos éternel pour les habitants de trois secteurs : Kankancoura 1, 2 et 3. Mais aujourd’hui, ce site sacré est dans un état de délabrement inquiétant, au grand désarroi des populations locales.

Situé sur une colline difficile d’accès, le cimetière souffre non seulement d’un manque d’entretien, mais aussi d’une absence criante d’infrastructures de base. Les murs d’enceinte sont inachevés, les portails rouillés, et les routes d’accès sont presque impraticables, surtout en cette saison pluvieuse.

« Nous avons trop de difficultés dans ce cimetière », confie Oumar 1 Sangaré, chef de quartier de Kankancoura 2.
« Le mur n’entoure même pas tout le cimetière, ce qui permet aux animaux comme les bœufs d’y entrer et de piétiner les tombes. Ce n’est pas digne d’un lieu sacré. »
La géographie du terrain rend également les enterrements pénibles. Les familles doivent louer des outils spécifiques pour creuser des tombes dans cette terre extrêmement dure.
« Ailleurs, il y a au moins un forage à l’entrée du cimetière pour permettre aux gens de se laver après les enterrements. Ici, nous n’avons même pas ça. On est obligé d’aller chez les voisins pour se nettoyer. »

Les habitants, bien que mobilisés à plusieurs reprises pour combler les trous des routes avec les moyens du bord, se heurtent aux dégâts causés par les pluies. Ils appellent les autorités et les personnes de bonne volonté à venir en aide.
« Le cimetière est un lieu pour tout le monde. Aujourd’hui, c’est moi qui enterre, demain ce sera vous. Investir dans son aménagement, ce n’est pas une perte. »
Ce cimetière, unique pour trois quartiers, mérite mieux que l’indifférence. Il ne s’agit pas seulement de pierres et de poussière, mais de la dignité des morts et du respect des vivants.
Il est temps que les autorités locales, les ressortissants et les âmes charitables tournent enfin leur regard vers Kankancoura, afin que les morts puissent reposer en paix… et que les vivants puissent les y conduire avec dignité.
Sékou Sanou Condé & Robert Tchotcho Bangoura pour www.Gbaikandjamana.org



