LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Nous jouons avec le feu. La Guinée est en train de transformer ses réseaux sociaux en véritable bombe à retardement. Un espace qui devait être celui de la liberté et du savoir est devenu l’usine de la haine, de l’injure et de la manipulation. Et le plus grave ? Personne n’est innocent.
Le pouvoir d’hier a nourri ce monstre.Celui d’aujourd’hui l’entretien à son tour. L’opposition y a trouvé ses propres armes. Les blogueurs se sont laissés acheter, troquant leur plume contre quelques billets. Et nous, citoyens, avons applaudi, partagé, alimenté ce désordre par notre silence complice.
Ainsi, les réseaux sociaux se sont mués en tribunal sauvage où la rumeur vaut vérité, où l’insulte remplace l’argument, où la haine tient lieu de débat. Chaque jour, des réputations sont brisées, des familles humiliées, une nation divisée. Si nous continuons sur cette voie, demain ne sera pas une surprise : ce sera le chaos. Car l’histoire enseigne que les guerres commencent toujours par des mots. Et nos claviers, aujourd’hui, frappent plus fort que des machettes.Il est temps d’arrêter cette folie.
La liberté d’expression n’est pas le droit de tuer la dignité d’autrui. La démocratie n’est pas un marché de grossièretés. L’État doit légiférer et appliquer la loi, sans complaisance, contre la cybercriminalité, la diffamation et les menaces. Les auteurs doivent répondre de leurs actes, qu’ils soient en Guinée ou réfugiés ailleurs.Mais la loi ne suffira pas : il faut une prise de conscience collective.
Chacun de nous doit comprendre qu’insulter son frère, c’est insulter la nation. Diviser son peuple, c’est préparer sa propre ruine.

La Guinée mérite mieux que cette guerre des claviers. Elle mérite des idées, du respect et du courage. Sinon, nous aurons remplacé les fusils par des smartphones… mais le résultat sera le même : un pays détruit par ses propres enfants.
Soninké Diané
Citoyen



