La tension monte autour du carburant à Mandiana. Dans la soirée du mardi 22 octobre, une forte affluence a envahi les stations-service de la commune urbaine. Munis de bidons de 20 litres, de nombreux habitants se sont rués pour s’approvisionner en essence, devenue rare et précieuse dans la région.

Face à ce désordre, le préfet de Mandiana, le colonel Fodé Soumah, a réagi dès l’aube du mercredi. Accompagné de son chef de cabinet, du commandant de la gendarmerie et du commissaire central adjoint, il a effectué une tournée d’inspection dans les stations-service de la ville. Sur place, il a constaté une anarchie totale : absence de files, attroupements massifs et multiplication des ventes en bidons.

À l’issue de la visite, le préfet a interdit formellement la vente d’essence dans les bidons, menaçant de poursuites judiciaires tout contrevenant.
« Tout gérant pris en flagrant délit sera traduit devant le tribunal », a-t-il martelé.
Selon des sources locales, le prix d’un bidon de 20 litres d’essence atteindrait désormais plus de 500 000 francs guinéens sur le marché parallèle.
Une réunion d’urgence s’est tenue dans le bureau du préfet, en présence de la Direction préfectorale de la SONAP et des représentants des stations-service. Plusieurs mesures fortes ont été adoptées :
Interdiction de la sortie des produits pétroliers vers les zones frontalières ;
Désignation du secrétaire général de la préfecture, M. Laye Camara, comme porte-parole chargé de veiller à l’application des décisions.

Pour sa part, le procureur du Tribunal de première instance, M. Mamadou Lamine Diallo, a prévenu que la justice ne fera preuve d’aucune tolérance envers les contrevenants.
Alors que la pénurie persiste et que les prix flambent, les habitants de Mandiana redoutent une paralysie des transports et des activités. Entre rigueur administrative et angoisse populaire, la bataille pour l’essence ne fait que commencer.

Rassidatou Bah, correspondante à Mandiana – www.gbainkandjamana.org



