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À quelques heures de la publication de la liste provisoire des candidats retenus pour le scrutin présidentiel du 28 décembre, et celle des candidatures rejetées pour dossiers incomplets, le débat s’intensifie au sein de la classe politique guinéenne.
Si certains dénoncent une décision « injustifiée » de la Cour suprême, d’autres estiment au contraire que la haute juridiction a pris une position légitime et argumentée.

C’est le cas de Joachim Baba Milimono, membre fondateur de la Convergence Républicaine et UFDG Réformateurs.
Lors d’une rencontre, l’ancien vice-coordinateur de la cellule de communication de l’UFDG n’a pas caché sa satisfaction face à ce qu’il qualifie de bonne décision de la Cour suprême :
« Franchement, je vous ai dit que si la Cour suprême a éliminé les autres prétendants pour n’en garder que neuf, c’est une bonne chose. La Cour suprême doit avoir des arguments irréfragables qui justifient le recalage de ces candidatures-là et leurs prétentions.
Nous attendons que ces différents prétendants disent qu’ils ne sont pas d’accord avec le recalage. Et comme ça, on va entrer dans le débat, on comprendra. Mais pour l’instant, puisqu’aucun d’eux n’a crié à la victime, ça veut dire qu’ils sont d’accord avec les arguments qui ont été développés par la Cour suprême à l’heure de l’élimination.
Bon, mais si aussi ça peut empêcher que les gens viennent demain marchander avec le prochain candidat de votre président, qu’il en fasse un otage… Si ça peut éviter le marchandage, c’est la meilleure solution.
Ce qui me réjouit le plus : parmi les neuf candidats, en dehors de Dr Fayad, il n’y a pas d’ancienne figure politique. »

Abordant le cas de l’ancien ministre Ibrahima Abé Sylla, Joachim Baba Milimono se montre encore plus tranchant :
« Abé Sylla, moi, je pense même que c’est le type de candidat qui devait être éliminé.
Mais attendez, vous voyez des Guinéens élire un Bouna ? Il va aller parler d’économie où, avec qui ? Il va parler de loi avec qui ? Non, il faut qu’on se prenne au sérieux ici.
On me dira qu’il ne suffit pas d’être un lettré pour être un chef. D’accord, mais pas un chef à ce niveau quand même.
La présidence de la République… écoutez, des gens qui n’ont pas le BEPC, qui n’ont pas le baccalauréat, qui veulent être président de la Guinée, ça s’est passé. Ce n’est pas pour nous ramener en arrière.
Aujourd’hui, nous sommes à une époque du pragmatisme. Essayons d’avancer.
On a neuf candidats, moi je pense que c’est très bien comme ça. On a épuré et ça va faciliter les choix. »

Sur ses propres orientations politiques, le responsable assume :
« Pour le reste, je vais vous décevoir. Vous savez que je suis, à la base avec certains amis, de la création de la Convergence.
Si nous avons créé la Convergence républicaine, c’est pour faire gagner Mamadou Doumbouia.
Mais nous ne voulons pas seulement qu’il gagne, nous voulons qu’il gagne de la valeur. Et de quelle manière ?
C’est de faire en sorte que sa victoire, avant même le 28 décembre, soit vue par tous : par ses opposants, par la communauté internationale, par ceux qui le détestent et par ceux qui l’aiment. »
Alors que la liste définitive des candidats se profile, les propos incisifs de Joachim Baba Milimono donnent le ton d’une campagne qui s’annonce plus épurée… mais aussi plus frontale.

Ahmadou Djogo pour le www.Gbaikandjamana.org



