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À Lébaya, dans la sous-préfecture de Maleyah, l’école primaire existe bel et bien.
Elle compte six classes, de la 1ère à la 6e année.
Mais derrière cette apparence se cache une réalité dramatique :
un seul enseignant pour tout le cycle primaire.

Le président du district Kanba Camara, profondément préoccupé, témoigne d’une situation devenue presque insoutenable :
« Nous n’avons qu’un seul enseignant pour les six classes. Il est le seul ici, et il est contractuel communautaire depuis longtemps. »
Cet enseignant, payé par les efforts des parents et de la communauté, se retrouve à porter tout le poids de l’éducation du village, alternant d’une classe à l’autre, souvent obligé de laisser de nombreux élèves sans cours pendant des heures.
Le manque de personnel rend l’école pratiquement dysfonctionnelle.
Deux classes suivent un cours pendant que quatre attendent. Puis les rôles s’inversent.
Dans ces conditions, comment les enfants peuvent-ils apprendre au même rythme que dans les autres villages ?
Le président l’explique avec amertume :
« C’est comme si nos enfants n’avaient pas d’école. Ils viennent, mais ils n’apprennent pas comme les autres. »
Le résultat est clair : retards scolaires, analphabétisme rampant, avenir compromis pour toute une génération.
Au-delà du manque d’enseignants, c’est un sentiment profond d’abandon qui règne à Lébaya.
Le président lance un appel sans détour :
« Nous lançons un appel à l’État. Nous sommes vraiment dans l’oubli ici. Pourtant, nous avons plusieurs ressortissants cadres, mais ils ont tous oublié le village. Ils connaissent nos réalités ici. »
Cette déclaration témoigne d’une douleur collective :
celle d’un village dont les enfants sont sacrifiés, non par manque de volonté, mais par manque d’attention, de soutien, et de présence de l’État.
À Lébaya, une seule personne porte le destin scolaire de toute une communauté.
Un seul maître.
Six classes.
Des dizaines d’enfants qui rêvent d’apprendre, mais qui manquent de tout.
Aujourd’hui, le message du village est clair :
L’État, les cadres ressortissants et les personnes de bonne volonté doivent se lever.
Car laisser Lébaya ainsi, c’est condamner ses enfants à l’oubli — et priver la Guinée d’une génération entière.

Alseny Philip Denkè Condé de retour de la Sous préfecture de Maleyah pour le www.gbaikandjamana.org
Tel: 620-05-61-56




