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À 35 kilomètres du centre de Maleyah, le district de Séllah est en train de devenir méconnaissable.
Ce village relevant de la sous-préfecture de Maleyah s’est transformé, selon de multiples témoignages, en une véritable « cité des Chinois », où une exploitation clandestine de l’or se mènerait en toute liberté, sous le regard passif voire complice de certains responsables locaux. L’environnement, lui, en paie déjà le prix fort.

Alertée par des citoyens, une équipe mixte de reporters, dont un journaliste du Gbaikandjamana Média, s’est rendue sur les lieux pour mener une investigation.

Sur place, le choc est brutal : le terrain est éventré par d’immenses fosses laissées béantes. La terre arrachée forme des ravins irréguliers plongeant dans une eau trouble et jaunâtre, signe d’une exploitation minière intense et totalement incontrôlée.

Le décor est apocalyptique : à l’avant-plan, tout n’est que destruction ; au loin, la végétation encore intacte peine à masquer l’étendue des dégâts.

La présence de ressortissants chinois est si massive que les journalistes affirment avoir eu l’impression de se retrouver « comme en Chine ».

Plus d’une dizaine de Poclains étaient en activité, tandis que d’autres engins étaient dissimulés dans les herbes.
Cherchant à comprendre, les reporters tentent de rencontrer les responsables locaux. Mais les attitudes observées renforcent davantage les soupçons.
N’Faly CRD Sacko, alias Mandekan, accusé par plusieurs sources d’avoir facilité l’installation de ces activités, se présente aux journalistes mais refuse de répondre, évoquant un décès dans la communauté.
Le président du district, lui, choisit carrément de se cacher pour éviter la presse, sans donner la moindre explication.
Ces comportements, jugés suspects, alimentent l’idée d’une complicité active ou passive.
À l’inverse, au chef-lieu de la sous-préfecture, les reporters sont accueillis chaleureusement par le sous-préfet, Commandant Ibrahima Sory Bereté, et par le président de la délégation spéciale, Amara Sacko. Tous deux affirment n’avoir aucun lien avec l’implantation des Chinois à Séllah.
Déclaration d’Amara Sacko, président de la délégation spéciale :
« Je ne suis informé de rien. Aucun membre de la commune n’a été associé. Nous avons clairement dit à tous les districts que nous ne cautionnons aucune exploitation minière.
Aucun opérateur n’est venu me voir, ni de près ni de loin. S’il n’y a pas de documents officiels, nous ne participons à rien.
Moi, je cherche à avancer, je vise loin. Ce problème a commencé depuis l’installation du bureau de district, qui avait déjà créé beaucoup de tensions. Je n’ai reçu aucun document, aucun partenaire, rien d’officiel. »
Le sous-préfet, lui, souligne un manque total de communication, allant jusqu’à affirmer que les responsables du district de Séllah « évoluent comme s’ils ne relevaient plus de Maleyah ».
La grande question : qui protège réellement cette exploitation clandestine ?
La présence d’engins lourds, de fosses géantes, de travailleurs étrangers visibles partout, conjuguée à l’attitude fuyante des responsables de district, rend peu crédible la version d’une méconnaissance totale.
Si les autorités locales disent n’être au courant de rien…
Si les responsables du district refusent de parler…
Si les Chinois exploitent librement le site…
Alors qui tire réellement les ficelles à Séllah ?
Qui protège ces activités qui détruisent la terre, défigurent un village entier et plongent les habitants dans la peur et le silence ?
À Séllah, quelqu’un ouvre les portes.
La question reste entière : qui ?

Le Gbaikandjamana Média
La Rédaction




