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Une crise sans précédent secoue la Commune Urbaine de Kissidougou. Entre inculpations, blocage institutionnel, accusations de corruption et tensions au sein du Conseil communal, la situation semble désormais hors de contrôle. Voici les principaux éléments d’une enquête menée auprès des acteurs directement impliqués.

À ce jour, le Président El Hadj Mamady Sano, son Vice-Président Mamadi Mansaré, le Secrétaire Général Moussa Kourouma et le Receveur communal Michel Kamano ne sont plus détenus.
Ils ont été remis en liberté provisoire lors de l’audience du 6 octobre 2025, avant une reprise du procès fixée au 10 novembre 2025, le temps de permettre une expertise financière d’un mois.
Depuis le 1er janvier 2025, une seule session communale a pu se tenir.
Les conseillers refusent désormais de siéger avec l’exécutif.
Dans un mémo adressé aux autorités, ils exigent la suspension du Président et du Vice-Président ainsi que le remplacement du Receveur et du Secrétaire Général.
Ce que dit la loi : la suspension en cas d’inculpation
L’article 79 du Code révisé des collectivités locales est clair :
Le ministre en charge des collectivités peut suspendre un conseiller ou membre de l’exécutif inculpé pour crimes ou délits, pour une durée maximale de trois mois.
Les conseillers accusent le Secrétaire Général et le Receveur de complicité dans des détournements, de fausses factures et d’une gestion « incompétente ».
Ils se disent prêts à accepter une dissolution de la délégation spéciale, mais plus jamais à travailler avec l’exécutif actuel, dont certains membres ont reconnu à la barre l’existence de malversations.
Entre le 13 et le 17 octobre 2025, plusieurs conseillers affirment avoir reçu, de nuit, la visite du Président, du Vice-Président et du Receveur, qui auraient proposé 10 millions GNF chacun pour qu’ils se taisent.
Les conseillers Daniel N’Faly Ifono, Youssouf Konaté, Djiba Koné, Sylvie Sayandouno, Madeleine Mara et El Hadj Ousmane Nabé disent avoir rejeté les enveloppes.
Avec le refus des conseillers de siéger, la Commune est totalement bloquée.
Le budget 2025 est jugé « mal exécuté » et les élus refusent d’adopter le budget 2026 et le PAI sans un changement d’équipe.
Lors d’une réunion où l’exécutif a présenté des excuses, les conseillers ont été fermes :
« Nous acceptons les excuses, mais nous ne voulons plus travailler avec vous. »
Ils exigent la démission immédiate du Président El Hadj Mamadi Iva Sano et de son Vice-Président.
L’expertise financière ordonnée par la Justice est confiée au Directeur Préfectoral de l’Administration du Territoire.
Le rapport attendu le 7 novembre 2025 n’a toujours pas été rendu public.
Les deux parties — exécutif et conseillers — attendent ses conclusions avec tension.
Le changement récent au Tribunal peut-il influencer le dossier ?
Le départ du Procureur Mohamed Bama Camara pourrait ralentir la procédure, mais la continuité du service devrait s’imposer.
Non. Conseillers et mis en cause proviennent de toutes les communautés, éliminant la piste ethnique.
Oui. Le blocage institutionnel empêche l’adoption de documents essentiels comme le budget 2026 ou le PAI, mettant la Commune dans une situation d’incertitude administrative profonde.
À Kissidougou, les institutions sont à l’arrêt, la confiance est brisée et l’exécutif est fragilisé.
Dans un contexte où les populations attendent transparence et stabilité, une question demeure :
le MATD mettra-t-il fin à une crise qui paralyse la Commune depuis des mois ?
La réponse se fait toujours attendre.
Kemon Touré pour le www.Gbaikandjamana.org




