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Dans le quartier Faraniko, situé dans la commune urbaine de Siguiri, les travailleurs maraîchers vivent une réalité alarmante. Ces hommes et femmes, piliers silencieux de l’alimentation locale, mènent une activité essentielle mais plongée dans des conditions précaires.

Entre manque criant d’eau, insuffisance d’équipements et absence d’accompagnement, leur quotidien n’est que lutte et désespoir.
Au beau milieu du baffon, sous un soleil brûlant, ils cultivent salades, feuilles de patates et autres produits maraîchers qui alimentent des centaines de ménages. Pourtant, derrière ces légumes frais qui arrivent sur les tables, se cache une souffrance longtemps ignorée.

Bamba Traoré, l’un des maraîchers, témoigne avec amertume :
« Cette activité maraîchère a beaucoup d’importance pour nous et pour la population. C’est d’ici que viennent les produits que les gens consomment. Beaucoup viennent nous trouver au baffon pour acheter des salades, des feuilles de patates et d’autres légumes. »
Mais pour produire ces denrées indispensables, les moyens ne suivent pas. Le matériel de base fait défaut, compromettant la survie même de cette activité.

Oumou Doumbouya lance un cri de détresse :
« Il nous manque beaucoup de matériels de travail. Nous n’avons pas de pépinières, pas d’arrosoirs, pas d’eau. Nous voulons faire plus, mais nous manquons de tout. »

Le problème d’eau revient comme un refrain désespéré. Ironie tragique : c’est pendant la saison sèche que la production devrait être la plus abondante, mais c’est aussi à cette période que l’eau disparaît.

Mariama Condé détaille cette réalité accablante :
« Dès le matin, nous sommes au baffon. Nous avons un problème d’eau. Pendant la saison sèche, nous produisons beaucoup, mais c’est justement là que les puits se tarissent. »

Sans eau, pas de semis, pas de récolte, pas de revenu. Un cercle vicieux qui asphyxie la filière et décourage les plus courageux.

Fanta Traoré achève le tableau par un appel poignant :
« Nous souffrons par manque d’eau et d’équipements. Nous obtenons difficilement nos pépinières, mais notre gros problème, c’est l’eau. Nous demandons aux personnes de bonne volonté et au président de nous venir en aide. »
Franiko nourrit Siguiri, mais Franiko meurt de soif.
Si rien n’est fait, les jardins maraîchers qui soutiennent l’économie locale pourraient disparaître, laissant derrière eux un vide alimentaire et social. Les producteurs ne demandent pas l’impossible : un accès à l’eau, quelques outils, et la reconnaissance d’un métier qui fait vivre une population entière.
Leur cri a retenti.
Qui répondra ?

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Tel: 620-05-61-56



