L’actualité économique de décembre 2025 en Guinée est marquée par une onde de choc sociale sur le projet Simandou. Alors que les premières exportations de minerai de fer ont débuté en novembre 2024, le passage à la phase opérationnelle s’accompagne d’un licenciement massif estimé à 45 000 employés.
Dans cet article d’enquête, la rédaction politique de votre quotidien électronique en ligne www.gbaikandjamana.org va détailler les principales causes de ce remerciement massif des employés de ce gigantesque projet.
La cause principale est structurelle et propre aux méga-projets miniers. Le projet Simandou a nécessité une main-d’œuvre colossale pour bâtir les infrastructures lourdes, mais le besoin s’effondre une fois le chantier terminé.
Phase de construction (2023-2025) : Plus de 60 000 personnes étaient mobilisés pour le terrassement, la pose des 670 km de rails du Transguinéen et la construction du port de Morebaya.
Phase d’Exploitation (Fin 2025) : Le fonctionnement quotidien des mines et du transport ne requiert plus que 15 000 salariés environ.
Résultat : Ce passage technique crée un surplus de 45 000 travailleurs, dont les contrats (souvent des CDD de chantier ou via des sous-traitants) arrivent à échéance simultanément.
Le contexte politique a intensifié cet effet de « falaise ». Le gouvernement de transition, sous l’égide du Général Mamadi Doumbouya, a imposé des délais extrêmement serrés pour achever les travaux avant l’élection présidentielle de décembre 2025.
Cette compression du calendrier a forcé les consortiums (WCS et Rio Tinto Simfer) à embaucher massivement sur une période très courte pour tenir les délais. Une fois les infrastructures inaugurées en novembre 2025, la démobilisation a été tout aussi rapide et brutale, sans transition fluide vers d’autres secteurs économiques.
Conflits sociaux et ruptures abusives. Au-delà de la fin normale des contrats, des tensions sociales ont accéléré certains départs.
Grèves et Rétorsions : À Kérouané, des collectifs de travailleurs ont dénoncé des licenciements abusifs. Certains ouvriers affirment que leurs contrats n’ont pas été renouvelés en représailles à des mouvements de grève légitimes pour l’amélioration des conditions de travail.
Manque de Reclassement : Malgré les promesses de « contenu local » et de formation via la Simandou Academy, de nombreux ouvriers se retrouvent sans alternative, car leurs compétences acquises (terrassement, soudure lourde) sont difficilement transférables dans l’économie rurale locale.

L’inquiétude majeure réside dans le paradoxe du PIB » : alors que la Guinée s’attend à une croissance économique record grâce aux exportations de fer, les communautés locales voient leur pouvoir d’achat s’effondrer avec le départ des salaires miniers.
À Dantilia, centre névralgique du projet, 80 % de la main-d’œuvre a été remerciée en l’espace de trois mois.

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