À Kourémalé, localité frontalière située à 79 kilomètres de la préfecture de Siguiri, l’abattoir du quartier Kökö 2 offre un spectacle alarmant, indigne des normes sanitaires les plus élémentaires.

Les images prises sur le site sont sans équivoque : carcasses abandonnées, cornes et restes d’animaux en décomposition, flaques de sang mêlées à la boue, déchets organiques exposés à l’air libre. Le tout dans un environnement ouvert, sans clôture, sans bâtiment, sans eau et sans aucun dispositif de protection.
Sur ce site, l’abattage se fait directement au sol, à même la terre.
Les animaux errants circulent librement et se nourrissent des résidus sanguins, accentuant les risques de contamination. Aucun critère d’hygiène n’est respecté.

En période de pluie, les eaux souillées se dispersent dans le voisinage, exposant directement les habitants de Kökö 2 et du secteur Namarafoloni à des maladies d’origine alimentaire et infectieuse.
La proximité immédiate de l’abattoir avec les habitations aggrave la situation. Les odeurs nauséabondes envahissent le quartier du matin au soir, rendant la vie quotidienne pénible et inquiétante pour les riverains. Respirer devient difficile, s’alimenter devient source d’angoisse, tant la crainte d’une contamination est permanente.

Saran Bamba , résidente de Namarafoloni, lance un cri d’alarme :
« Nous avons trop souffert de l’odeur de cet endroit. Nous passons toute la journée à respirer ces odeurs. Il est urgent que les autorités viennent nous aider à résoudre ce problème, sinon nous ne savons plus quoi faire. »
Au-delà de la nuisance olfactive, c’est toute la chaîne de sécurité sanitaire qui est compromise. La viande issue de cet abattoir, destinée à la consommation humaine, est produite dans des conditions qui exposent la population à des risques élevés d’infections, de maladies zoonotiques et d’intoxications alimentaires.
Face à cette situation critique, l’urgence est manifeste.
Les autorités locales et sanitaires sont interpellées pour une intervention rapide : construction d’un abattoir moderne, accès à l’eau potable, mise en place de mesures d’hygiène strictes et éloignement du site des zones d’habitation.
À défaut, l’abattoir de Kökö 2 continuera de représenter une menace grave et permanente pour la santé publique à Kourémalé.

Kouremale/ Ousmane OBB Bangoura pour le www.Gbaikandjamana.org
Décryptage : Alseny Philip Denkè Condé



