Chaque jour, aux environs de 14 heures, le centre-ville de Siguiri bascule dans une atmosphère quasi irrespirable. Malgré la pleine journée, les conducteurs sont contraints d’allumer leurs phares tant la poussière soulevée réduit dangereusement la visibilité. La ville change alors brutalement de visage.

Du quartier Aéroport jusqu’au carrefour ORS, une épaisse poussière rouge envahit l’air, enveloppant routes, habitations et activités commerciales dans un nuage suffocant.
La scène est frappante : motos, camions et piétons se croisent dans un environnement saturé de particules de latérite, avançant presque à l’aveugle.

À cette heure de forte affluence, la circulation intense accentue la dispersion des poussières fines, aggravant une pollution atmosphérique devenue récurrente en fin d’après-midi.

Stations-service, boutiques et concessions riveraines se retrouvent littéralement ensevelies sous cette poussière omniprésente.
Au-delà de la gêne visuelle et respiratoire, la situation constitue un véritable enjeu de santé publique.

Les populations sont quotidiennement exposées à des risques sérieux : infections respiratoires, crises d’asthme, toux persistantes, irritations oculaires, avec une vulnérabilité accrue chez les enfants, les personnes âgées et les conducteurs de motos, particulièrement exposés.

À long terme, l’inhalation répétée de ces particules peut favoriser l’apparition de pathologies pulmonaires chroniques, transformant ce phénomène environnemental en menace sanitaire durable.

Le quartier Aéroport, l’un des plus touchés, est aujourd’hui devenu un véritable corridor de poussière s’étendant jusqu’au carrefour ORS.

L’absence de routes bitumées sur des axes stratégiques, combinée au trafic régulier de poids lourds et d’engins, accélère la dégradation du cadre de vie urbain.
À cela s’ajoute le manque d’arrosage régulier des voies en terre, une mesure pourtant essentielle pour limiter la propagation des poussières en saison sèche.

Face à cette situation préoccupante, commerçants, riverains et usagers de la route lancent un appel pressant aux autorités locales.
Ils réclament des solutions concrètes et durables : bitumage des axes prioritaires, encadrement du trafic des camions, arrosage systématique des routes et prise en compte effective de la pollution poussiéreuse dans les politiques locales de santé publique.
À Siguiri, la poussière n’est plus un simple désagrément saisonnier. Elle s’impose désormais comme un signal d’alarme permanent, visible et respiré chaque jour, rappelant l’urgence d’agir pour protéger la santé des citoyens face à une pollution devenue banale, mais profondément dangereuse.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org
Contact: 620056156



