Ils sont nombreux, invisibles et rarement écoutés. Des jeunes contraints de grandir sans soutien, parfois orphelins, souvent livrés à eux-mêmes.
Cette tribune est un cri lucide, mais aussi un message d’espoir adressé à une jeunesse qui refuse de se laisser définir par le manque.

Dans nos sociétés, une partie de la jeunesse avance sans filet. Sans encadrement solide, sans appui moral, parfois sans famille. Grandir ainsi forge une maturité précoce, mais laisse aussi des blessures profondes.
Ces jeunes apprennent très tôt à compter sur eux-mêmes, non par choix, mais par nécessité.
Être sans soutien ne signifie pas être sans valeur. Pourtant, trop souvent, la société assimile la réussite aux privilèges de départ.
Celui qui n’a rien est regardé comme s’il n’était rien. Cette vision est non seulement injuste, mais dangereuse. Elle nie les efforts silencieux de ceux qui se battent chaque jour pour exister dignement.
Il est essentiel de le rappeler : la faiblesse n’est pas dans les larmes. Ressentir des moments de découragement est humain.
La vraie faiblesse serait d’abandonner. Pleurer n’est pas renoncer ; pleurer peut être une étape pour avancer, pour se relever avec plus de lucidité et de détermination.
La vie est dure, parfois brutale. Elle n’épargne ni les innocents ni les courageux. Mais elle offre à chacun une responsabilité fondamentale : celle de prendre son destin en main.
Personne ne vivra à notre place. Personne ne portera nos combats à notre place. L’avenir se construit dans l’effort, la discipline et l’apprentissage.
Développer une compétence, cultiver le savoir, renforcer son mental : voilà des armes accessibles même dans le manque.
La douleur peut devenir un moteur, le passé une leçon, et l’épreuve une fondation solide pour demain.
Dans ce parcours semé d’obstacles, la foi reste pour beaucoup un repère essentiel. Lorsque tout vacille, la lumière de Dieu demeure une source de force et d’espérance.
Elle éclaire ceux qui refusent de sombrer dans le désespoir et choisissent de continuer à avancer.
Cette tribune se veut à la fois un témoignage et un appel.
Un témoignage pour ceux qui vivent dans l’ombre. Un appel à une jeunesse qui doute, mais qui porte en elle une force immense. Grandir sans soutien n’est pas une fatalité. Réussir sans excuses est un choix.

Par Alseny Philip Denkè Condé Hommes de lettres, Journaliste groupe Gbaikandjamana




