La violence s’invite dans le débat sur les machines poclins.
La réunion préfectorale consacrée à l’utilisation des machines poclins dans les zones minières de Siguiri, tenue ce vendredi 13 février 2026, devait marquer un tournant dans la lutte contre l’exploitation anarchique des ressources naturelles.

Elle s’est malheureusement achevée sur un incident grave : l’agression physique d’un journaliste dans l’exercice de sa mission.
Présidée par le préfet Alseny Sylvert Camara, la rencontre a mobilisé les vingt sous-préfets de la juridiction, les présidents des délégations spéciales ainsi que des notabilités locales.
L’objectif affiché était clair : responsabiliser les autorités locales face à l’usage frauduleux des machines poclins dans les mines artisanales, conformément à une note de service conjointe des ministères en charge des Mines et de la Géologie, de l’Environnement, ainsi que de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.
Au terme des échanges, le porte-parole des présidents des délégations spéciales — également président de la Délégation spéciale de Niagassola — a accordé une interview à la presse. C’est au cours de cet entretien qu’un jeune homme, connu dans la localité, a surgi pour proférer des injures à l’encontre des journalistes, les qualifiant de tous les noms.
Dans la confusion, il a asséné des gifles à notre confrère.
Alors que les journalistes recueillaient les réactions de fin de rencontre, la tension est brusquement montée d’un cran. Accusés de relayer des déclarations jugées controversées, les professionnels des médias ont été pris pour cibles.

Le journaliste reporter d’images Mohamed Lamine Cissé du Site www.landayamedia.com a été directement pris à partie et frappé alors qu’il accomplissait son travail.
L’agresseur, dont l’image a pu être capturée sur place et est connue de certains confrères, aurait agi dans la confusion générale ayant suivi l’intervention du président de la délégation spéciale de Niagassola, qui s’exprimait au nom de ses pairs.
Cet acte constitue une atteinte grave à la liberté de la presse et à l’intégrité physique d’un professionnel des médias.
En démocratie, le journaliste n’est ni adversaire ni provocateur : il est un témoin des faits. L’attaquer revient à chercher à intimider l’information elle-même.
Au-delà du débat sur les machines poclins et la régulation du secteur minier artisanal, l’incident de Siguiri soulève une question essentielle : peut-on parler de gouvernance responsable si ceux qui informent le public ne sont pas protégés ?
La lutte contre l’exploitation illégale des ressources naturelles ne saurait, en aucun cas, justifier la violence contre la presse.
À Siguiri comme ailleurs, la protection des journalistes doit demeurer une exigence non négociable.
Car lorsqu’un reporter est frappé pour avoir filmé, c’est le droit du citoyen à l’information qui se trouve, lui aussi, brutalement atteint.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



