Il faut oser le dire : la bêtise ne doit pas devenir une norme sociale en Guinée.À l’ère du numérique, nous assistons à un renversement inquiétant des valeurs. Ceux qui font le plus de bruit deviennent des modèles. Ceux qui provoquent, qui choquent, qui transgressent les règles élémentaires de décence sont érigés en références.
Pendant ce temps, des citoyens discrets, travailleurs, engagés pour leur communauté, restent dans l’ombre.Quel modèle voulons-nous offrir à nos enfants ?
Aujourd’hui, un contenu irresponsable peut parcourir le pays en quelques minutes. Un comportement déviant filmé le matin peut devenir viral l’après-midi. Le numérique ne pardonne pas. Il amplifie tout : le meilleur comme le pire. Et malheureusement, le pire circule souvent plus vite.Il y a vingt ans, la discrétion protégeait nos erreurs.
Aujourd’hui, la moindre dérive devient un spectacle public. Ce que nous faisions hier dans l’intimité peut aujourd’hui compromettre une vie entière. La société numérique n’oublie pas.Ne laissons pas les réseaux sociaux gérer notre cerveau. Ne laissons pas l’algorithme décider de nos valeurs. Le nombre de vues ne doit pas remplacer la vertu.
La viralité ne doit pas remplacer la dignité. Il est préoccupant de constater que certains comportements indécents trouvent plus facilement accès aux milieux officiels qu’un citoyen anonyme qui impacte réellement sa communauté sans projecteurs, sans caméras, sans mise en scène. La reconnaissance sociale ne doit pas être basée sur le scandale.
La Guinée regorge pourtant de modèles positifs : des enseignants engagés, des entrepreneurs courageux, des chercheurs discrets, des artistes responsables, des jeunes innovants. Eux méritent d’être mis en lumière.La révolution numérique n’est pas un mal en soi. C’est un outil puissant. Elle peut éduquer, connecter, valoriser, inspirer. Mais elle exige maturité et responsabilité. Chaque clic est un choix. Chaque partage est une prise de position. Chaque publication est une empreinte.
Nous devons collectivement réhabiliter la culture de la responsabilité. Parents, éducateurs, leaders d’opinion, institutions, médias : nous avons le devoir de guider la jeunesse vers un usage conscient du numérique.La modernité ne signifie pas la perte des repères. La liberté d’expression ne signifie pas l’absence de limites.
L’audience ne signifie pas la valeur.Si nous ne définissons pas nos modèles, d’autres le feront à notre place.La Guinée mérite mieux que la banalisation de la médiocrité. Elle mérite une élite morale, une jeunesse consciente, une société qui célèbre l’effort plutôt que le scandale.

La bêtise doit être un sens interdit. Et la responsabilité, notre nouvelle direction.
Soninké Diané, Citoyen !



