Le Tribunal de première instance (TPI) de N’Zérékoré a condamné, ce jeudi 5 mars 2026, deux jeunes hommes à cinq ans de prison ferme assortis d’une amende de cinq millions de francs guinéens chacun pour détention illégale d’armes légères et de munitions.

Les prévenus, Ibrahima Camara et Toumany Traoré, tous deux commerçants âgés d’une vingtaine d’années, ont été reconnus coupables d’avoir détenu et commercialisé des armes sans aucune autorisation légale.
Les deux hommes étaient également soupçonnés d’être impliqués dans un trafic d’armes entre la ville de N’Zérékoré et Monrovia, au Liberia.
À la barre, Ibrahima Camara a reconnu les faits. Il a admis qu’il exerçait un commerce d’armes entre les deux pays, expliquant qu’il revendait chaque arme à environ 120 000 francs guinéens. Lors de son interpellation, les forces de sécurité l’avaient trouvé en possession de huit armes et de 25 munitions.
De son côté, son coaccusé Toumany Traoré a également reconnu sa participation, tout en affirmant ignorer l’existence d’une réglementation encadrant la détention et la vente d’armes. « Je ne savais pas qu’il fallait un permis pour porter ou vendre une arme », a-t-il déclaré devant le tribunal.
Dans sa décision, la juridiction a rappelé que la détention illicite d’armes légères est une infraction grave, prévue et réprimée par l’article 848 du Code pénal guinéen.
Malgré les réquisitions du parquet qui sollicitait cinq ans de prison avec sursis, le tribunal a finalement prononcé une peine ferme, estimant nécessaire d’envoyer un signal dissuasif face à la prolifération des armes illégales.
Cette décision intervient dans un contexte marqué par une montée des inquiétudes sécuritaires à N’Zérékoré, où la circulation d’armes clandestines est régulièrement citée dans plusieurs cas d’attaques à main armée et d’actes de banditisme.
Un verdict qui rappelle que, face à la loi, l’ignorance ne peut jamais servir de bouclier.

Moussa Moïse Camara
Gbaikandjamana.org



