La tension est montée d’un cran ce mercredi 4 Mars 2026 matin dans le quartier Tomboya, dans la commune urbaine de Boké.
Très tôt dans la matinée, des jeunes appuyés par plusieurs femmes du quartier ont bloqué la circulation en érigeant des barricades sur la route principale pour dénoncer la lenteur des travaux de reconstruction de leur voirie.

Depuis l’enlèvement de l’ancien goudron, le quartier est envahi par une épaisse poussière qui rend les conditions de vie particulièrement difficiles pour les habitants. Face à cette situation jugée insupportable, les populations ont décidé de hausser le ton afin d’attirer l’attention des autorités.
Les femmes, en synergie d’action avec les jeunes, se sont mobilisées pour réclamer la reprise rapide des travaux, estimant que les engagements pris par les autorités n’ont pas été respectés.

Rencontré sur les lieux, Ablaye Camara, citoyen du quartier, explique les raisons de cette mobilisation.
« L’ancien goudron a été complètement enlevé. Les femmes avaient déjà bloqué le passage auparavant, mais les autorités avaient engagé des négociations avec elles en promettant un arrosage régulier pour réduire la poussière. Malheureusement, cet arrosage n’a même pas fait deux semaines. Aujourd’hui, la poussière règne en maître absolu dans le quartier », a-t-il expliqué.

Selon lui, les habitants avaient également reçu une promesse concernant la reprise des travaux après la grande saison des pluies. Une promesse qui, jusque-là, tarde à se concrétiser.
« Dans presque tous les quartiers de la commune urbaine, les travaux sont achevés. Pourquoi pas chez nous ? Nous souffrons énormément. Vous avez vous-même constaté, nos maisons sont couvertes de poussière. Nos motos et nos véhicules doivent être lavés tous les jours », déplore-t-il.
Pour l’heure, aucune autorité ne s’est encore présentée sur les lieux pour entamer de nouvelles discussions avec les manifestants.
Déterminés à se faire entendre, les habitants affirment qu’ils ne lèveront les barricades que lorsque les travaux de reconstruction de la route reprendront effectivement.
Sur place, la population s’est organisée afin de veiller au respect strict de l’interdiction de passage. D’ailleurs, un jeune qui a tenté de forcer le barrage aurait reçu quelques coups avant de rebrousser chemin, échappant de justesse à la colère des citoyens mobilisés.
Dans ce quartier où la poussière est devenue le quotidien des habitants, la population promet de maintenir la pression jusqu’à obtenir des réponses concrètes des autorités.

Mamoudou Kagnèka Bah pour Gbaikandjamana Média.



