À Lenkèkoro Kignèba, district relevant de la sous-préfecture de Bankon dans la préfecture de Siguiri, les habitants vivent une situation sanitaire particulièrement préoccupante.

Le président du district, Billy Nankouman Traoré, tire la sonnette d’alarme sur l’état critique du seul poste de santé dont dispose la localité.

Selon lui, cette structure sanitaire, construite par les habitants eux-mêmes il y a plusieurs décennies, est aujourd’hui totalement dépassée par la croissance de la population. Le bâtiment est vétuste et menace même de s’effondrer par endroits.
Les conditions d’accueil et de prise en charge des malades restent extrêmement difficiles.
« Nous n’avons qu’un seul médecin soignant pour toute la population. L’hospitalisation des patients est très compliquée, faute de moyens et d’espace. Certains malades sont même obligés d’être couchés à même le sol », explique le président du district.
Le poste de santé manque également d’équipements essentiels. Il n’existe aucune salle pour effectuer des analyses de sang ou des examens médicaux de base.
À cela s’ajoute un problème majeur d’accès à l’eau potable. Lorsqu’une femme doit accoucher, ses proches sont souvent contraints de parcourir le village à la recherche d’eau, alors que la localité ne dispose que d’un seul forage.
Face à ces difficultés, les habitants ont dû mettre en place eux-mêmes certaines solutions traditionnelles pour faciliter les accouchements et les soins d’urgence. Mais ces initiatives communautaires restent insuffisantes pour répondre aux besoins sanitaires d’une population en constante augmentation.
La situation devient encore plus alarmante lorsqu’un cas grave nécessite une évacuation vers l’hôpital préfectoral de Siguiri. L’état dégradé de la route reliant le village à la ville rend le trajet extrêmement pénible. « Entre notre village et Siguiri, en passant par Nafadji frontière, on peut passer jusqu’à cinq heures sur la route avant d’arriver. Dans des situations d’urgence, c’est une véritable catastrophe », déplore Billy Nankouman Traoré.
Face à cette réalité préoccupante, les autorités locales lancent un appel pressant à l’État et aux partenaires au développement afin d’améliorer les infrastructures sanitaires de Lenkèkoro Kignèba.
Sans une intervention rapide, préviennent les habitants, la population risque de continuer à souffrir en silence, dans un système de santé qui s’essouffle peu à peu.

De retour de Bankon Alseny Philip Denkè Condé pour le www Gbaikandjamana.org
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