Une affaire mêlant accusations de sorcellerie présumée et intervention des forces de sécurité suscite une vive émotion à N’zoo, dans la préfecture de Lola, plus précisément au quartier Kpagamou.
Selon les informations recueillies, une femme d’environ 60 ans a été publiquement désignée par un féticheur au cours d’une séance organisée pour identifier de supposés sorciers au sein de la localité.
Lors de cette intervention, elle aurait tenu des propos troublants, évoquant notamment l’existence d’une “marmite mystérieuse” qui serait, selon elle, à l’origine des difficultés et du manque de réussite de ses enfants.
Au cours de la même séance, la sexagénaire a également mis en cause une autre femme âgée, qu’elle a accusée de complicité. Mais cette dernière a fermement rejeté ces accusations, dénonçant des allégations sans fondement.
Malgré une tentative de démonstration du féticheur, aucune preuve tangible n’aurait été apportée pour étayer ces graves accusations.
Une plainte déposée contre le féticheur
L’affaire a pris une tournure judiciaire lorsque les enfants de la seconde femme accusée ont décidé de saisir la justice. Ils ont porté plainte contre le féticheur, estimant que ces accusations ont porté atteinte à l’honneur et à la dignité de leur mère.
Une enquête est désormais ouverte à la gendarmerie, afin de faire toute la lumière sur les circonstances de cette affaire et de situer les responsabilités.
Une femme hospitalisée après la séance.
D’après la famille de la seconde accusée, cette dernière serait tombée malade à la suite de l’intervention et aurait été admise dans une structure sanitaire pour des soins.
Pour leur part, les autorités locales affirment ne pas avoir été officiellement informées de cette situation au moment des faits.
Entre croyances traditionnelles et droit moderne.
Cette affaire relance le débat sur la sensibilité des accusations de sorcellerie et leurs lourdes conséquences sociales dans certaines communautés.
Entre croyances traditionnelles, stigmatisation publique et recours à la justice, le dossier de N’zoo illustre une fois de plus la complexité de ces situations, souvent sources de tensions, d’humiliations et de fractures familiales.

Moussa Moïse Camara pour le www.Gbaikandjamana.org



