À la tête de la sous-préfecture de Siguirini depuis février 2025, le commandant Mamadou Camara s’illustre par une volonté affichée de réorganiser en profondeur l’administration locale tout en portant une vision ambitieuse pour l’avenir de cette localité à fort potentiel.
Dès son arrivée, le sous-préfet dit avoir constaté de nombreuses irrégularités dans le fonctionnement des services administratifs. Entre absence de rigueur, missions non encadrées et présence irrégulière de certains agents, l’administration locale était, selon lui, marquée par un certain désordre.

Une situation à laquelle il affirme avoir rapidement mis fin. « Un fonctionnaire muté doit rester à son poste. Toute mission dans un district doit être autorisée par le sous-préfet et faire l’objet d’un compte rendu écrit au retour », a-t-il rappelé, insistant sur son rôle de coordinateur des activités au niveau de la sous-préfecture.
Le commandant Mamadou Camara dénonce également des pratiques qu’il qualifie de dérives, où certains agents profitaient de la localité pour des intérêts personnels, notamment à l’approche des périodes festives. Face à cela, il assure avoir imposé le respect strict des principes administratifs et engagé un combat contre ce qu’il appelle « l’injustice administrative ».
Parmi ses priorités figure également la question du recouvrement des recettes locales. Le sous-préfet pointe du doigt l’évasion fiscale et les insuffisances dans la mobilisation des ressources de la commune, estimant que Siguirini, en tant que zone à forte activité économique, doit mieux valoriser son potentiel financier.
Au-delà des réformes administratives, Mamadou Camara met en avant les atouts stratégiques de Siguirini. Située à 145 kilomètres de Siguiri et à 135 kilomètres de Dinguiraye, la sous-préfecture bénéficie d’une position géographique importante. Elle abrite en outre la SMD, l’une des plus grandes sociétés minières du pays, ainsi qu’une population en constante croissance.
Fort de ces arguments, le sous-préfet plaide pour l’érection de Siguirini en préfecture. « Si de nouvelles préfectures doivent être créées, Siguirini doit être une priorité », a-t-il déclaré, appelant les autorités à ne pas négliger cette localité qu’il qualifie d’« assiette de recettes » pour la préfecture de Siguiri.
Dans cette dynamique, il insiste également sur la nécessité de renforcer la présence de l’État à travers l’affectation de davantage de fonctionnaires, condition essentielle selon lui pour accompagner le développement local et garantir un service public efficace.
Par ailleurs, dans la perspective d’échéances électorales apaisées, le sous-préfet a initié des rencontres avec les acteurs locaux, notamment les présidents de districts, les jeunes et les leaders communautaires.
L’objectif est de mieux faire comprendre le fonctionnement de l’administration, de la base au sommet, afin que chacun maîtrise son rôle et contribue à la stabilité sociale.
Pour Mamadou Camara, une administration performante repose avant tout sur la responsabilité de ses animateurs. « S’il y a de la pagaille, c’est que le responsable ne maîtrise pas sa mission ou fait preuve de faiblesse », a-t-il estimé, rappelant que les sous-préfets sont les représentants directs de l’État sur le terrain.
Entre restauration de l’autorité administrative et revendication d’un nouveau statut, Siguirini trace progressivement sa trajectoire, avec en ligne de mire une reconnaissance à la hauteur de son poids économique et stratégique.

De retour de Siguirini Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



