Dans le district de Lenkèkoro Kignèba, relevant de la sous-préfecture de Banko (préfecture de Siguiri), l’accès à l’eau potable est devenu un véritable parcours du combattant. Malgré une population estimée à plus de 5000 habitants, la localité ne dispose que de trois pompes mécanisées, régulièrement en panne et insuffisantes pour couvrir les besoins.

Face à cette pénurie persistante, les habitants vivent une situation critique, particulièrement durant la saison sèche.

Les femmes, premières victimes de cette crise, passent parfois toute la nuit à la recherche d’eau, au prix d’une fatigue extrême et de tensions croissantes au sein des foyers.
« Nous souffrons énormément. Nos femmes veillent jusqu’au petit matin pour espérer obtenir quelques bidons d’eau. Les disputes sont devenues fréquentes autour des rares points d’approvisionnement », alerte Mamadi Traoré, président du district.

Malgré la présence de quelques forages, leur nombre reste très limité. En période de forte demande, un ou deux points d’eau seulement sont fonctionnels, entraînant de longues files d’attente et des conflits récurrents.
Pour contenir la situation, les autorités locales sont parfois contraintes de déployer des membres du bureau de district et de la jeunesse afin d’organiser la distribution et prévenir les affrontements.
Mais ces mesures restent provisoires face à un problème structurel. Certains habitants peuvent passer une journée entière sans réussir à s’approvisionner, aggravant ainsi les tensions familiales, notamment en raison du retard dans les tâches domestiques.
Dans ce contexte alarmant, les responsables locaux lancent un appel pressant aux autorités nationales, ainsi qu’aux partenaires et personnes de bonne volonté, pour une intervention rapide et durable en faveur de l’accès à l’eau potable dans la localité.
À Lenkèkoro Kignèba, l’eau n’est pas seulement une ressource rare — elle est devenue un facteur de souffrance, de tensions sociales et d’inégalités.
Sans réponse urgente, cette crise silencieuse risque de s’enraciner davantage, au détriment de la dignité et du bien-être de toute une communauté.

De retour de Lenkèkoro Kignèba Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



