La tension monte à Conakry autour du dossier Badra Koné. Depuis plusieurs jours, l’ancien président de la délégation spéciale de Matam est entendu à la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ), où sa garde à vue prolongée suscite une vive contestation.

Tôt ce matin, un groupe de conseillers et partisans s’est mobilisé devant les locaux de l’institution pour exiger sa libération immédiate.
Candidat aux prochaines élections communales à Matam sous la bannière de la liste GMD (Génération pour la Modernité et le Développement), Badra Koné est soupçonné de détournement de deniers publics durant son passage à la tête de la commune.

Des accusations que rejettent catégoriquement ses soutiens, qui parlent d’un dossier politiquement orienté.

Prenant la parole au nom de 41 conseillers, Aboubacar Touré a dénoncé ce qu’il qualifie de violation flagrante des procédures judiciaires.
Selon lui, le candidat s’est présenté volontairement à la suite d’une convocation, mais se retrouve maintenu en détention au-delà des délais légaux.
« Ce que nous constatons aujourd’hui, c’est que notre candidat est détenu de façon illégale. Sa garde à vue a été renouvelée à plusieurs reprises, en dépassement des délais prévus par la loi », a-t-il affirmé devant les manifestants.
Le porte-parole insiste également sur l’absence, à ce stade, de preuves matérielles contre le mis en cause. Il évoque en outre les dispositions de l’article 66 du Code électoral guinéen, qui, selon lui, protègent les candidats contre toute privation de liberté durant la période de campagne.
Au-delà de la contestation juridique, le camp de Badra Koné hausse le ton et pose une condition claire : aucune élection communale ne devrait se tenir à Matam sans la participation de leur candidat.
Pour ces conseillers, la crédibilité du scrutin est directement liée à l’équité entre les prétendants.
« Nous ne sommes pas prêts à accepter des élections sans notre candidat. Une compétition juste suppose que tous soient libres de battre campagne », a martelé Aboubacar Touré.
À mesure que l’échéance électorale approche, l’affaire Badra Koné prend une tournure éminemment politique.
Entre exigences de justice et impératifs démocratiques, ce dossier sensible pourrait bien peser sur le climat électoral à Matam, voire au-delà.

Le Gbaikandjamana Média
La Rédaction



