Situé à 5 kilomètres de la sous-préfecture de Bankon et à environ 40 kilomètres du chef-lieu de la préfecture de Siguiri, le district de Somonobougouba, fort d’environ 1 500 habitants, est confronté à de graves difficultés d’accès aux soins de santé.

Dans cette localité enclavée, le poste de santé, entièrement financé par la communauté, peine à répondre aux besoins essentiels des populations.

Dirigé par un chef de poste et une sage-femme, l’établissement fonctionne dans des conditions précaires. L’infrastructure est dégradée, les équipements sont vétustes et largement insuffisants.

Le centre ne dispose ni de laboratoire d’analyses, ni de lits en nombre suffisant, encore moins de commodités de base telles que des toilettes ou une clôture sécurisée.
« Nous avons construit ce poste de santé sur fonds propres du village. Le personnel est compétent, mais les conditions de travail sont très difficiles. Il n’y a ni laboratoire, ni équipements adéquats », déplore Balla Kanté, l’un des responsables du district.

À ces insuffisances structurelles s’ajoutent les difficultés d’évacuation sanitaire, particulièrement en saison des pluies.

L’état des routes rend quasiment impossible le transfert des patients vers les structures de référence comme Nafadji ou Bankon.
« En hivernage, la boue bloque tout accès. Les cas compliqués deviennent un véritable fardeau. Pourtant, c’est aussi la période où les maladies sont les plus fréquentes, notamment à cause de notre proximité avec le fleuve Djoliba », explique-t-il.

Les femmes enceintes figurent parmi les premières victimes de cette situation. Faute de moyens logistiques et d’équipements adaptés, leur prise en charge reste très limitée.
« La sage-femme fait de son mieux, mais elle manque de matériel. Lorsqu’une évacuation s’impose, c’est un casse-tête. Même les motos ne peuvent pas circuler correctement », ajoute Balla Kanté.
Face à cette réalité, les habitants de Somonobougouba lancent un appel pressant aux autorités pour la construction d’un poste de santé moderne et équipé, capable de répondre aux besoins de la population.

Dans ce district riverain du Djoliba, se soigner est devenu un parcours semé d’obstacles. Entre enclavement, insuffisance d’infrastructures et manque d’équipements, les populations vivent dans l’attente d’une intervention salvatrice.
Car ici, chaque retard dans l’accès aux soins peut coûter une vie — et le silence face à l’urgence pourrait, demain, se transformer en drame évitable.

De Retour de Somonobouba Niger Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



