C’est dans une atmosphère de profonde émotion et de recueillement national que le Mali a fait ses derniers adieux, ce jeudi 30 avril, au Général de corps d’armée Sadio Camara.
Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, pilier central de la transition, a été honoré à travers des obsèques nationales dignes de nom, après avoir succombé à ses blessures suite à l’attaque terroriste d’une rare violence ayant visé sa résidence à Kati le week-end dernier.
Le monument de la place d’armes de Genie militaire de Kati n’avait jamais paru aussi solennel. Autour de la dépouille du Général Sadio Camara, drapée dans les couleurs nationales (Vert, Jaune, Rouge), se trouvait l’ensemble du sommet de l’État, avec à sa tête le Général Assimi Goïta, président de la transition.

Le visage marqué, le Chef de l’État a salué la mémoire d’un « frère d’armes exemplaire » et d’un « stratège infatigable » qui aura consacré sa vie à la souveraineté retrouvée du Mali.
L’attaque qui a coûté la vie au Général Camara s’est produite dans la nuit de samedi à dimanche. Des groupes armés terroristes ont mené une incursion audacieuse contre son domicile privé dans la garnison de Kati, pourtant réputée être le cœur sécurisé du pouvoir. Malgré une riposte héroïque de sa garde rapprochée, le haut gradé a été mortellement touché.
Sadio Camara n’était pas seulement un ministre ; il était considéré comme l’un des principaux architectes de la montée en puissance des Forces Armées Maliennes (FAMA) et le grand artisan de la diversification des partenariats militaires du pays, notamment avec la Russie.

Lors de l’oraison funèbre, les témoignages se sont succédés pour souligner la rigueur et l’humilité de l’homme. « Il est tombé les armes à la main, là où il a commencé sa carrière, au Prytanée militaire de Kati. C’est un symbole de fidélité à ses racines et à son engagement », a déclaré un proche collaborateur, la voix brisée par l’émotion.
Dans les rues de Bamako, de nombreux citoyens ont suivi la cérémonie sur des écrans géants, arborant des portraits du défunt. Ce vibrant hommage national témoigne de la place prépondérante qu’occupait Sadio Camara dans le cœur des Maliens qui voyaient en lui l’espoir d’un retour définitif à la paix.
Quel avenir pour la transition ?

Si l’heure est au deuil, la question de l’après-Camara se pose déjà avec insistance. Sa disparition laisse un vide immense au sein de l’appareil sécuritaire et diplomatique de la transition. Toutefois, le gouvernement a réaffirmé sa détermination à poursuivre l’œuvre du défunt Général. « Sa mort ne nous fera pas reculer, elle renforce notre volonté de libérer chaque centimètre carré de notre territoire », a martelé le premier ministre, chef du gouvernement.

Le Général Sadio Camara repose désormais au cimetière de Kati, laissant derrière lui une armée en pleine mutation et un pays qui, malgré la douleur, semble plus que jamais déterminé à faire bloc contre la menace djihadiste.
Gbaikandjamana Média www.gbaikandjamana.org
La Rédaction Politique



