.En ce dimanche 3 mai 2026, consacré à la liberté de la presse, une figure emblématique refait surface dans les rues de Kissidougou.

Silhouette discrète, démarche apaisée : pour la jeunesse, il incarne la sagesse ; pour les anciens, il est une mémoire vivante. En déplacement dans la préfecture de Kissi-Faramaya, nos reporters sont est allés à la rencontre d’Ansoumane Biton Koulibaly, ancien pilier de l’Agence Guinéenne de Presse (AGP), dont la voix a marqué plusieurs générations.
Il suffit de quelques mots pour raviver les souvenirs. Malgré les années, son timbre reste intact : grave, maîtrisé, porteur d’une autorité naturelle.

Biton Koulibaly n’était pas qu’un relais d’information ; il incarnait un lien essentiel entre l’actualité nationale et la vie quotidienne des citoyens. « À l’époque, l’information n’était pas un simple flux, c’était un rendez-vous attendu », confie un doyen, visiblement ému en retrouvant cette voix familière.

Durant près de trois décennies comme correspondant préfectoral de l’AGP, il a couvert sans relâche la vie de Kissidougou : visites officielles, crises locales, initiatives de développement ou faits marquants.
Sa rigueur rédactionnelle, alliée à un réel talent d’orateur, a donné à ses reportages une portée singulière. Pour lui, le journalisme relevait d’un engagement profond, presque d’un sacerdoce, au service de la vérité et de la cohésion sociale.
À la retraite aujourd’hui, après 29 ans de service, il observe avec recul les mutations du paysage médiatique. S’il reconnaît les avancées technologiques, il reste attaché aux fondamentaux : la vérification des faits, la responsabilité du mot juste. Revenant sur ses débuts, il précise : « C’est en 1991 que j’ai embrassé le micro. Mon premier reportage remonte au 3 avril de cette année, lors de la commémoration de la prise du pouvoir par l’armée guinéenne. »
Cette rencontre dépasse le cadre d’un simple entretien. Elle s’apparente à une traversée de la mémoire journalistique locale, où se dessinent les contours d’un métier exercé avec exigence et dignité.
Dans l’ombre des grandes rédactions, des figures comme Biton Koulibaly ont construit, patiemment, la crédibilité de la presse de proximité.
Au crépuscule de cette journée symbolique, une certitude s’impose : certaines voix ne s’éteignent jamais.
Elles continuent de résonner, bien au-delà des ondes, comme un rappel constant que la liberté de la presse se nourrit d’hommes et de femmes qui en portent, avec conviction, l’essence même.

Depuis Kissidougou Alseny Philip Denkè Condé/ Mohamed Diané pour le www.Gbaikandjamana.org



