Faranah a vibré ce lundi 4 mai 2026 au rythme de la Journée mondiale de la liberté de la presse, célébrée en différé dans une atmosphère à la fois solennelle et engagée.

L’initiative, portée par la Direction régionale de l’Information et de la Communication, a réuni autorités administratives, professionnels des médias, responsables d’ONG ainsi que de nombreux élèves dans la salle polyvalente de la Direction préfectorale de l’Éducation (DPE).

Présidée par le préfet de Faranah, le colonel Augustin, la cérémonie a été marquée par des interventions fortes, centrées sur les enjeux contemporains de la liberté de la presse, entre avancées notables et défis persistants.

Dans son allocution, le Directeur régional de l’Information et de la Communication, Saa Malick, Camara a rappelé la portée historique de cette journée instituée par l’UNESCO depuis 1991. Au-delà de la commémoration, il y voit « un moment de réflexion, d’évaluation et de plaidoyer » pour garantir une presse libre, indépendante et respectée.

Insistant sur les mutations profondes du paysage médiatique, il a mis en lumière un défi majeur de notre époque : l’irruption de l’intelligence artificielle dans la production et la diffusion de l’information. Une évolution qui, selon lui, impose aux journalistes une adaptation constante, sans renoncer aux fondamentaux du métier, notamment l’éthique, la rigueur et la responsabilité.

Sa Malick a également salué l’engagement des autorités nationales en faveur des médias, tout en rendant hommage aux professionnels qui œuvrent au quotidien pour la crédibilité de la presse guinéenne. Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de former une nouvelle génération de communicateurs capables de porter haut les valeurs républicaines.

Prenant la parole à son tour, le préfet de Faranah a invité à une introspection collective sur l’état de la liberté de la presse. « Qu’avons-nous fait, en tant qu’autorités, pour garantir cette liberté ? Et qu’en ont fait les journalistes eux-mêmes ? », s’est-il interrogé, appelant à une responsabilité partagée.

Le colonel Augustin fancinadouno a reconnu les progrès réalisés, notamment en matière de collaboration entre médias et autorités locales, affirmant qu’aucun journaliste n’a été inquiété dans l’exercice de ses fonctions dans la préfecture.

Toutefois, il a souligné plusieurs défis à relever, parmi lesquels l’assainissement du secteur, le renforcement du professionnalisme, le respect strict de l’éthique et la consolidation de l’indépendance des médias.
Dans un contexte où la désinformation et les pressions diverses fragilisent le secteur, les intervenants ont unanimement insisté sur la nécessité de préserver la crédibilité de la presse, pilier fondamental de toute démocratie.

Cette célébration a également été l’occasion de rappeler les principes de la Déclaration de Windhoek, texte fondateur pour la liberté et le pluralisme des médias, ainsi que les obligations des États en matière de respect du droit à l’information, conformément à l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’homme.
Au-delà des discours, l’événement aura servi de cadre d’échange et de sensibilisation, notamment pour les jeunes présents, appelés à devenir les acteurs de l’information de demain.
À Faranah, cette journée n’a pas seulement été célébrée en différé ; elle a surtout réaffirmé une conviction : dans un monde en mutation rapide, la liberté de la presse reste une exigence permanente, un combat quotidien et une responsabilité collective.

Depuis Faranah/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



