À quelques jours de la fête de Tabaski, l’activité commence progressivement à s’intensifier dans plusieurs marchés à bétail du pays. Considérée comme l’une des plus grandes célébrations musulmanes après le Ramadan, cette fête religieuse entraîne chaque année une forte mobilisation des familles et des commerçants.
À Dombi, dans la préfecture de Labé, l’ambiance reste cependant encore timide autour des bergeries. Malgré l’approche de la fête, les vendeurs peinent pour l’instant à enregistrer une grande affluence de clients. Entre difficultés de transport, état dégradé des routes et manque d’infrastructures adaptées, les commerçants tentent tant bien que mal de maintenir leurs activités.
En séjour dans la région, notre reporter est allé à la rencontre des vendeurs installés sur ce site devenu l’un des points de ravitaillement en bétail de la zone.

Mamadou Cellou Baldé, vendeur de bétail à Dombi, explique que les acheteurs préfèrent généralement attendre les derniers jours avant la fête pour effectuer leurs achats.
« Nous sommes à Dombi, mais il existe aussi trois grands points de vente très connus au centre-ville de Labé. Pour le moment, il n’y a pas encore d’affluence parce qu’il reste quelques jours avant la fête. Les clients préfèrent souvent attendre », a-t-il confié.
Le commerçant évoque également les nombreuses difficultés rencontrées dans l’acheminement des animaux depuis les localités de l’intérieur du pays.
« Nous nous rendons dans plusieurs localités comme Tougué ou Matakaou pour chercher les bêtes, mais le trajet n’est pas facile. L’état des routes affecte sérieusement notre activité et fatigue énormément les animaux pendant le transport », a-t-il ajouté.
Selon lui, les béliers dominent actuellement le marché, les chèvres supportant difficilement les longues distances.
« Pour le moment, nous avons surtout des béliers. Les chèvres résistent moins aux souffrances du voyage. Mais à quelques jours de la fête, nous allons commencer à en faire venir progressivement », a-t-il précisé.

Même constat chez Mamadou Djouldé Bah, un autre vendeur rencontré sur place. Il dénonce plusieurs contraintes qui compliquent le travail quotidien des commerçants.
« Les difficultés sont pratiquement les mêmes partout : le transport, l’état des routes et le manque d’infrastructures adaptées. Ici, le terrain que nous occupons appartient à un particulier qui peut nous demander de quitter à tout moment », a-t-il expliqué.
À ces difficultés s’ajoutent les problèmes liés à l’alimentation et à l’accès à l’eau pour les animaux.
« Trouver de quoi nourrir les bêtes est un véritable parcours du combattant. Heureusement, une personne voisine a réalisé un forage qui nous facilite aujourd’hui l’accès à l’eau. Avant cela, c’était également un grand problème », a-t-il souligné.
Concernant les prix, les vendeurs indiquent qu’ils fluctuent en fonction de la demande et du rythme des ventes.
« Il n’y a pas de prix fixe. Souvent, nous vendons rapidement pour éviter les pertes, car après la fête de Tabaski, la clientèle baisse considérablement », a conclu Mamadou Djouldé Bah.
À Dombi, malgré les difficultés et l’attente encore calme des acheteurs, les vendeurs gardent l’espoir de voir le marché s’animer dans les derniers jours précédant la Tabaski.
Comme chaque année, c’est dans cette course contre le temps que se joue une grande partie de leurs revenus et des sacrifices des fidèles.

Le www.Gbaikandjamana.org
La Rédaction




