Situé à environ 45 kilomètres de la sous-préfecture de Siguirini, à 145 kilomètres de la commune urbaine de Siguiri et à près de 90 kilomètres de Dinguiraye, le district de Diguiling, à la frontière entre les préfectures de Siguiri et de Dinguiraye, vit dans des conditions extrêmement difficiles.

Dans cette localité enclavée, les populations dénoncent un manque criard d’infrastructures et appellent l’État guinéen à agir face à une situation qu’elles jugent alarmante.

Prenant la parole au nom de la jeunesse locale, Fanta Madi Diallo, président de la jeunesse de Diguiling, affirme que depuis l’indépendance de la Guinée, aucune véritable réalisation publique n’a vu le jour dans cette zone.
« Depuis l’accession de notre pays à l’indépendance jusqu’à aujourd’hui, il n’y a aucune pierre de l’État ici chez nous. Nous n’avons rien. Nous ne pouvons pas cacher cette réalité aux autorités. En venant de Dinguiraye, Diguiling est le premier village de la préfecture de Siguiri, et en quittant Siguiri, c’est le dernier village avant Dinguiraye. Pourtant, nous avons l’impression d’être oubliés », a-t-il déclaré
Selon lui, malgré une population estimée à plus de 10 000 habitants, la localité ne bénéficie d’aucune infrastructure digne de ce nom.
« Aucun bâtiment, aucune réalisation au nom de l’État guinéen ne se trouve ici. C’est comme si nous n’étions pas en Guinée. Pourtant, quelle que soit la distance, l’État ne doit pas oublier ses citoyens », regrette-t-il.

La question sanitaire reste l’une des préoccupations majeures des habitants. Le poste de santé existant est confronté à un manque criard d’espace et d’équipements, obligeant souvent les malades à parcourir plusieurs kilomètres vers Dinguiraye ou Siguiri pour recevoir des soins adaptés.
« En cas d’urgence, nous sommes obligés de partir à Dinguiraye parce que la route reliant Diguiling à Siguiri est dans un état déplorable. Parfois, nous perdons des proches en cours de route avant même d’arriver à l’hôpital », explique Fanta Madi Diallo.
Il décrit également une situation sanitaire préoccupante au sein même du poste de santé local.
À cela s’ajoute le manque d’accès à l’eau potable. Selon les habitants, les rares forages disponibles sont largement insuffisants face à l’importance de la population.
Face à cette accumulation de difficultés, les populations de Diguiling interpellent les autorités nationales afin qu’une attention particulière soit accordée à cette localité frontalière longtemps restée en marge du développement.
L’enclavement, l’absence d’infrastructures publiques, les difficultés sanitaires et le manque d’eau potable constituent aujourd’hui le quotidien de milliers d’habitants qui espèrent enfin voir leur situation prise en compte.

De retour de Diguiling,
Alseny Philip Denkè Condé pour www.Gbaikandjamana.org




