La dégradation avancée des routes dans plusieurs quartiers de la commune urbaine de Siguiri alimente un profond mécontentement chez les habitants. Nids-de-poule, chaussées fortement détériorées, poussière et axes parfois impraticables compliquent le quotidien des automobilistes, des conducteurs de motos et des piétons, qui appellent les autorités à agir sans délai.

L’un des points les plus critiques reste le carrefour de Manding, où l’état de la chaussée provoque régulièrement d’importants embouteillages.

« Parfois, nous pouvons passer plus de 30 minutes au carrefour de Manding à cause des embouteillages provoqués par les nids-de-poule. Cela nous fatigue énormément », témoigne Yaya Sidibé, chauffeur.

La situation est tout aussi préoccupante sur d’autres axes de la ville, notamment la route reliant le rond-point au quartier Bassissé.

Selon Moussa Camara, chauffeur de taxi, les fortes inondations de l’année dernière ont gravement endommagé cette voie, sans qu’aucune réhabilitation n’ait été engagée depuis.
« Les inondations de l’année dernière ont gravement endommagé la route reliant le rond-point au Bassissé. Depuis, aucune réhabilitation n’a été entreprise. La route menant vers Bamako est également fortement dégradée. Les travaux de rénovation, entamés il y a quelque temps, sont aujourd’hui à l’arrêt », explique-t-il.

Face à cette dégradation généralisée, plusieurs citoyens estiment que la réhabilitation des voiries urbaines est devenue une urgence. Ils interpellent les services compétents, notamment la Direction préfectorale des Travaux publics et le Fonds d’entretien routier, afin que des mesures concrètes soient prises.

Pour Toumani Kouyaté, acteur de la société civile, le manque de réaction des structures concernées suscite de nombreuses interrogations.
« La Direction préfectorale des Travaux publics est sous silence. Je ne sais pas quelle a été sa réaction. Les routes sont dans un état de dégradation très avancé. Il existe pourtant le Fonds d’entretien routier et d’autres mécanismes, mais nous ne savons pas ce qu’ils font », déplore-t-il.

Même constat pour Moussa Sanoh, qui juge que l’état des infrastructures routières contraste avec le poids économique de la préfecture.
« Vu la place qu’occupe Siguiri sur les plans économique et démographique, voir la ville dans un tel état est vraiment pitoyable », affirme-t-il.

De son côté, Mamadi Traoré, également acteur de la société civile, invite les autorités à achever les travaux déjà entamés.
« Nous demandons à l’État de nous aider en terminant au moins les travaux déjà commencés. Ces chantiers durent depuis trop longtemps et aujourd’hui plusieurs routes sont bloquées. Dans certains quartiers, il n’y a même plus de passage », lance-t-il.

Avec une croissance démographique et économique soutenue, Siguiri est confrontée à d’importants défis en matière d’infrastructures routières.

Alors que le projet de bitumage de la ville est annoncé depuis plusieurs mois, les populations espèrent désormais son lancement effectif afin d’améliorer durablement les conditions de circulation et de renforcer la mobilité urbaine.

Siguiri Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org




