Le procès de Boh Fanta Camara, âgée de 15 ans, poursuivie pour meurtre sur la personne d’Ousmane Diané, s’est ouvert ce lundi 27 juillet 2026 au Tribunal de première instance de Kankan.

À la barre, la jeune accusée est revenue sur les circonstances qui, selon elle, l’ont conduite à commettre le meurtre. Elle affirme avoir été mariée de force alors qu’elle était encore mineure et explique que son geste serait intervenu après plusieurs jours passés au domicile de l’homme qui lui avait été présenté comme son mari.
Selon son récit, elle avait 13 ans en 2024 lorsqu’elle aurait été donnée en mariage à Ousmane Diané, une union à laquelle elle dit s’être opposée dès le départ.
«Je n’étais pas d’accord avec le mariage avec l’homme que mes parents m’avaient donné. J’avais 13 ans en 2024. C’était un mariage forcé. J’ai passé onze jours dans son foyer. C’est ainsi que j’ai acheté un couteau et je l’ai poignardé au ventre pendant qu’il dormait. Mon intention était de lui faire peur afin qu’il renonce au mariage », a-t-elle déclaré à la barre.
Boh Fanta Camara affirme également avoir exprimé son opposition à cette union auprès de ses parents et de ceux de l’homme qu’on lui aurait donné en mariage, sans que sa demande ne soit, selon elle, prise en compte.
Elle a par ailleurs déclaré avoir subi des violences physiques et sexuelles durant les onze jours passés dans le foyer. Des accusations qui devront être examinées dans le cadre de la procédure judiciaire.
« Je suis vraiment désolée et je demande pardon à tout le monde. Que le tribunal me pardonne », demande-t-elle.
À la barre, Karamo Aly Diané, présenté comme l’oncle de l’accusée, a expliqué que l’histoire remonterait à la naissance de la jeune fille.
Selon lui, Boh Fanta Camara était jumelle, mais son frère serait décédé à la naissance. Il affirme que c’est à partir de cette période qu’une promesse aurait été faite concernant son futur mariage avec Ousmane Diané, une fois qu’elle aurait atteint l’âge de se marier.
«Quand la fille a grandi, elle s’est opposée au mariage. Dans notre village, beaucoup de jeunes filles sont données en mariage forcé. Parfois, elles finissent par s’entendre avec leur mari, mais parfois, c’est le contraire, comme dans cette affaire », a-t-il expliqué.
L’oncle de l’accusée affirme également avoir tenté d’intervenir dans la situation, mais dit s’être heurté à l’opposition de la mère de la jeune fille.
Les faits remontent à l’année 2024 et se seraient déroulés dans le disrict de Bathè Soila relevant de la sous-préfecture de Bathè Bafadji.
Après l’audience de ce lundi, l’affaire a été renvoyée au 31 juillet 2026, date à laquelle le tribunal doit rendre son verdict final.
NB : Les déclarations rapportées dans cet article sont celles des parties entendues dans le cadre de la procédure judiciaire. La décision finale revient au tribunal.

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