Un immeuble de type R+5 s’est effondré dans la nuit à Hafia 1, faisant provisoirement cinq morts et neuf blessés.

Alors que les opérations de secours se poursuivent, des témoignages font état de signes de fragilité qui auraient été constatés sur le bâtiment quelques heures seulement avant son effondrement.

Parmi les témoins, Lamine Cissé, membre de la famille de certaines victimes, affirme avoir visité l’immeuble avec son propriétaire dans la soirée précédant le drame. Selon son témoignage, plusieurs fissures étaient visibles sur les murs et certains piliers présentaient, selon lui, des signes inquiétants de dégradation.
« Dans la soirée d’hier, le propriétaire est venu ici. On est allé ensemble visiter l’immeuble qui présentait des fissures partout sur les murs. Les piliers étaient dégradés. Même les fers à béton à l’intérieur des piliers étaient tordus », témoigne-t-il.

Face à cette situation, Lamine Cissé affirme avoir alerté le propriétaire avant de se rendre chez le chef de quartier. Celui-ci serait venu constater l’état du bâtiment et aurait décidé d’en fermer l’accès.
« Je lui ai dit : vraiment, la situation de l’immeuble est inquiétante, mais il a crié sur moi. Je suis parti chez le chef de quartier. Ce dernier est venu faire le constat et a mis le cadenas à la porte », explique-t-il.
Mais, selon son récit, l’accès au bâtiment aurait ensuite été rétabli après une intervention présentée comme destinée à renforcer certains piliers.
« À son arrivée, il a dit qu’on peut rentrer maintenant parce qu’il a renforcé les piliers », rapporte Lamine Cissé.

Quelques heures plus tard, vers 2 heures du matin, le bâtiment s’est brutalement effondré. Réveillé par le bruit, le témoin raconte avoir d’abord cru à un coup de tonnerre avant de découvrir l’ampleur de la catastrophe.
« Au début, j’ai pensé que c’était le bruit du tonnerre. Quand je suis sorti de la maison, j’ai constaté que le mur s’était effondré sur la route. Il n’y avait plus de passage. »
Dans la confusion, les riverains ont immédiatement porté secours aux personnes prises au piège. Lamine Cissé affirme notamment avoir participé à l’évacuation de plusieurs enfants.
« J’ai défoncé le climatiseur qui était fixé à la chambre de mon fils, avant d’évacuer les enfants par ce trou. Il n’y avait pas d’autre passage pour leur porter secours. »
Grâce à la mobilisation des habitants et des équipes de secours, plusieurs personnes ont pu être sorties des décombres. Toutefois, le bilan provisoire fait état de cinq décès et neuf blessés.
Au-delà du bilan humain, les circonstances ayant précédé l’effondrement soulèvent de nombreuses interrogations. Lamine Cissé affirme que le chantier aurait déjà fait l’objet de critiques et d’une intervention des services compétents.
« Ce chantier, le domaine a été acheté dans la confusion, les travaux ont débuté dans la confusion. Quand les travaux ont commencé, l’habitat a ordonné l’arrêt des activités. Huit mois après, les travaux ont redémarré encore », déclare-t-il.
Il évoque également des doutes concernant la qualité des matériaux utilisés, notamment le dosage du ciment.
« Chaque personne qui venait évoquait toujours le cas de cet immeuble. Le dosage du ciment ne répondait pas aux normes », affirme-t-il.
Ces déclarations devront toutefois être confrontées aux conclusions des services techniques et des autorités compétentes, seules habilitées à déterminer les causes exactes de l’effondrement et à établir d’éventuelles responsabilités.
Sur place, l’émotion reste vive. Les familles attendent avec inquiétude des nouvelles de leurs proches, tandis que les opérations de recherche se poursuivent sous les décombres. Au moment où nous quittions les lieux, les engins étaient toujours mobilisés pour tenter de retrouver d’éventuelles victimes.

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La Redaction




