Face aux rumeurs persistantes et à la tension sociale observée ces derniers jours dans la ville de Siguiri, le médecin lieutenant Abdoulaye Bachir Condé (ABC), du haut commandement de la gendarmerie nationale et médecin d’appui aux urgences médico-chirurgicales de la justice militaire, est sorti de son silence pour apporter des éclaircissements sur les circonstances du décès de Lancinet Chérif, survenu dans la mine de Fadakolon.

Selon le médecin, cette sortie médiatique vise avant tout à corriger les informations erronées largement relayées, selon lesquelles l’activiste Aly Thiam aurait été arrêté, provoquant ainsi la colère de certains jeunes et les manifestations ayant paralysé la ville.
« Lorsqu’on est informé d’une situation aussi sensible, on ne peut pas rester silencieux et laisser la jeunesse s’égarer dans la désinformation », a-t-il expliqué.
Il précise avoir été informé par son assistant de l’arrivée, à la morgue de l’hôpital préfectoral de Siguiri, d’un corps sans identité formelle.
Une situation qu’il juge inacceptable sur le plan médical et administratif. Son assistant lui aurait alors indiqué que le corps avait été transporté par Aly Thiam, seul, à bord de son véhicule. Informé de cette donnée, le médecin affirme avoir immédiatement saisi le procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri, Monsieur Dominique Loua.
Sur instruction du procureur, le corps a été examiné afin de déterminer les causes du décès, en raison des nombreuses versions circulant dans l’opinion.
Le médecin lieutenant précise avoir exigé que tout examen se fasse en présence de la gendarmerie et des proches du défunt, afin de garantir la transparence.
L’autopsie externe, menée de la tête aux pieds, n’a révélé aucune trace de violence physique, selon le rapport médical.
L’hypothèse la plus probable évoquée par les médecins serait une crise cardiaque, bien qu’il s’agisse d’un décès jugé suspect. Cette conclusion a été mentionnée sur le certificat médical, et la déclaration de décès a été établie.
Le défunt a été identifié comme Lancinet Chérif, âgé de 44 ans, chauffeur de machine, résident au quartier Limania.
Par ailleurs, des témoins présents à Fadakolon ont livré aux gendarmes des versions diverses, affirmant avoir vu Aly Thiam et ses compagnons transporter le corps, certains indiquant également la présence des forces de sécurité sur les lieux.
Autant d’éléments qui, selon le médecin, relèvent désormais de l’enquête judiciaire.
Dans ce cadre, le procureur a ordonné l’audition de toutes les personnes concernées, y compris Aly Thiam, en tant que dernier transporteur du corps.
Celui-ci s’est présenté, a été auditionné, puis mis à la disposition du patriarche, et non placé en détention, contrairement aux rumeurs. D’autres personnes convoquées ne se seraient toutefois pas présentées.
Le médecin lieutenant insiste sur un point essentiel :
« La question des Poclins et de la protection de l’environnement est un débat à part. Mais lorsqu’il y a perte de vie humaine, il ne faut pas mélanger les situations. La justice doit faire son travail. »
Il déplore enfin les violences enregistrées ce mercredi, notamment les pneus brûlés et autres dégâts matériels, rappelant qu’Aly Thiam n’a jamais été arrêté, mais simplement auditionné dans le cadre normal d’une procédure judiciaire.
S’adressant directement aux jeunes et aux compagnons d’Aly Thiam, il lance un appel clair : répondre aux convocations, dire la vérité devant les enquêteurs et éviter toute escalade inutile.
« Les problèmes se règlent autour d’une table, pas dans la rue. La violence ne résout rien », a-t-il conclu.
Une déclaration qui se veut apaisante, à l’heure où Siguiri cherche à retrouver le calme et à laisser la justice suivre son cours.

Siguiri/ Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



