L’interpellation de Fodé Kourouma par l’Office de protection du genre, de l’enfance et des mœurs (OPROGEM) continue de susciter des réactions. Au-delà de cette arrestation, l’activiste de la société civile Mamadou Kaly Diallo appelle à une réponse globale, axée sur la sensibilisation, l’éducation, le renforcement de la législation et la protection des enfants face aux dérives liées aux réseaux sociaux.
Fodé Kourouma, dont l’âge reste à déterminer, s’est retrouvé au centre d’une vive polémique après la diffusion de vidéos le montrant aux côtés de jeunes filles présentées comme mineures, dans des mises en scène jugées inappropriées par de nombreux internautes. Quelques heures après la publication de sa dernière vidéo, il a été interpellé par l’OPROGEM pour être entendu.
Si cette interpellation a été saluée par une partie de l’opinion publique, elle relance également le débat sur la responsabilité des utilisateurs des réseaux sociaux et les mécanismes de protection des mineurs dans l’espace numérique.

Rencontré par notre rédaction ce samedi 24 octobre 2026, Mamadou Kaly Diallo a souligné l’influence grandissante des plateformes numériques sur la vie des enfants. « Les réseaux sociaux sont devenus un élément du quotidien qui impacte la vie de nos enfants », a-t-il déclaré.
Pour l’acteur de la société civile, cette problématique dépasse le seul cas de Fodé Kourouma. Elle touche directement à l’éducation, à l’épanouissement et à la sécurité des mineurs. Tout en reconnaissant le travail accompli par l’OPROGEM, il estime que les autorités doivent aller plus loin pour prévenir la répétition de tels phénomènes.
« Certes, l’OPROGEM a fait son travail en arrêtant ce jeune. Mais je pense qu’il faut aller au-delà. Aujourd’hui, c’est devenu une menace qui impacte l’éducation des enfants et des mineurs. La manipulation de ces réseaux est devenue le quotidien des citoyens », a-t-il affirmé.
Mamadou Kaly Diallo estime ainsi nécessaire de trouver un équilibre entre le respect des valeurs sociales, le droit à l’éducation, la sécurité humaine et la liberté d’utilisation des réseaux sociaux. Pour lui, la réponse doit reposer sur plusieurs leviers complémentaires.
« Il faut aller à l’information, à l’éducation, à l’enseignement, à la sensibilisation. Il faut renforcer la législation, il faut aller à la répression juridique », a-t-il préconisé.
L’activiste évoque également la responsabilité des parents dans l’encadrement des enfants face aux contenus numériques. Faisant référence aux débats internationaux sur la restriction de l’accès des mineurs aux réseaux sociaux, notamment en France, il appelle à une réflexion approfondie sur les conséquences de ces plateformes dans les établissements scolaires et dans la société.
« Il y a aussi une certaine forme de démission des parents. Mais cette question mérite d’être réfléchie de façon à la fois juridique et sécuritaire, avec de nouvelles perspectives », a-t-il expliqué.
Toutefois, Mamadou Kaly Diallo ne considère pas les réseaux sociaux et l’intelligence artificielle comme des outils nécessairement nuisibles. Selon lui, lorsqu’ils sont utilisés de manière responsable, ils peuvent contribuer à la formation, à l’apprentissage et à l’organisation des activités des enfants.
En revanche, leur utilisation à des fins inappropriées peut exposer les mineurs à des risques importants et porter atteinte à leur dignité. « Utilisés dans le mauvais sens, ils portent atteinte aux mœurs, à la culture, à l’éthique. Et parfois, ils poussent certains à se filmer, à exposer leur intimité, ce qui porte atteinte à la dignité humaine », a-t-il souligné.
Au terme de son intervention, l’activiste appelle à une prise de conscience collective impliquant les autorités, les parents, les acteurs de l’éducation, la société civile et les plateformes numériques.
Pour lui, l’affaire Fodé Kourouma doit servir de point de départ à une réflexion plus large sur la protection de l’enfance à l’ère du numérique. L’enjeu ne consiste pas seulement à sanctionner d’éventuelles infractions, mais aussi à prévenir les abus, à responsabiliser les utilisateurs et à garantir le respect des droits et de la dignité des mineurs.

Le Gbaikandjamana Média
La Rédaction




