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« Nous sommes en manque d’équipements ! Comment faire un accouchement en toute dignité quand on manque d’eau, de compresses, de lits, d’instruments stériles ? Le personnel est épuisé et impuissant… », alerte Nakoria Keita, agent de santé au poste de Bida.

Bida, un district relevant de la sous-préfecture de Doko, vit une situation sanitaire alarmante. Depuis des années, les femmes y accouchent dans des conditions indignes, parfois à même le sol, faute de lits et de matériel médical. Grâce à l’initiative communautaire, quelques lits de fortune ont été fabriqués, mais cela reste très insuffisant face à la demande croissante.
Le manque d’équipements, de personnel qualifié et d’eau rend les soins obstétricaux d’urgence presque inaccessibles. Faute d’alternative, certaines femmes sont contraintes de parcourir des dizaines de kilomètres jusqu’à Siguiri-ville pour accoucher, souvent sur des motos, au risque de leur vie et de celle de leur bébé.
À cette crise sanitaire s’ajoute un climat de méfiance et de colère : depuis quelques semaines, le président du District de Bida est accusé par la notabilité et la population d’un détournement présumé de plus de trois milliards de francs guinéens. Une affaire qui, selon plusieurs habitants, a ralenti les efforts de développement local, notamment dans le domaine de la santé.
Entre misère sanitaire et soupçons de détournement, Bida crie au secours.
Il est temps que les autorités sanitaires et judiciaires interviennent pour que donner la vie ne soit plus un risque de mort.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana org



