À quelques heures de la célébration de l’Eid el-Fitr, marquant la fin du mois saint de Ramadan, de nombreuses familles de la région de Kakandé, notamment dans la ville de Boké, peinent à se procurer de la viande, denrée pourtant incontournable pour cette fête.
Dans plusieurs quartiers de la ville, les boucheries sont prises d’assaut par des dizaines de clients venus de tous horizons pour s’approvisionner. Mais sur place, le constat est amer : les étals sont presque vides, et l’attente devient de plus en plus longue pour des citoyens visiblement inquiets et impatients.
À la boucherie de Kalabanya, notre rédaction a rencontré Karamba Diakabhy, un client venu chercher de la viande pour sa famille.

Visiblement préoccupé, il raconte ses difficultés :« Cela fait quatre jours que je viens ici pour acheter de la viande, mais jusqu’à présent, je n’arrive toujours pas à en trouver. »
Il poursuit, en montrant la foule massée devant la boucherie :« Vous avez vous-même constaté qu’il n’y a que des clients qui attendent ici. Les bouchers ne sont même pas encore arrivés. » Malgré ce long moment d’attente, M. Diakabhy garde encore l’espoir d’être servi :« Le boucher m’a fait une promesse, c’est pourquoi je garde patience. »
Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette pénurie récurrente à l’approche des grandes fêtes religieuses. Il pointe notamment du doigt les conséquences des activités minières dans la région.« Ces dernières années, à chaque fête, les sociétés minières achètent beaucoup de vaches dans les villages impactés par leurs activités. Cela rend les animaux plus rares sur le marché et fait augmenter les prix. Les bouchers ont désormais du mal à se procurer du bétail », souligne-t-il.
Cette situation, devenue presque habituelle selon plusieurs habitants, suscite de vives inquiétudes à Boké, où la viande reste un élément central des repas de fête. Pour de nombreuses familles, l’incertitude demeure quant à la possibilité de célébrer dignement l’Eid.
À Boké, pendant que l’ambiance de fête devrait déjà gagner les foyers, c’est plutôt l’inquiétude qui s’installe dans les concessions.
Si aucune solution rapide n’est trouvée, la fête de Ramadan risque d’avoir un goût amer pour de nombreuses familles de Kakandé, privées d’un symbole fort de partage et de convivialité.

Boké Mamadou Bah pour le www.Gbaikandjamana.org



