C’est un véritable cri d’alarme que lancent aujourd’hui les habitants du quartier Lambagni, excédés par la lenteur des travaux de construction du nouveau pont, un chantier qui, selon eux, s’éternise depuis maintenant quatre ans sans avancée significative.

Face à une situation qui évolue à pas de tortue, les citoyens disent continuer à supporter leurs difficultés dans le calme, mais l’inquiétude grandit de jour en jour.
Le vieux pont en bois, emprunté quotidiennement par les piétons et les conducteurs de motos pour relier le quartier au reste de la ville, s’est récemment effondré partiellement, provoquant une vive panique parmi les riverains.

Selon plusieurs témoignages, cet incident a failli coûter la vie à un usager, renforçant ainsi la peur d’un drame plus grave si rien n’est fait dans les plus brefs délais.

Les populations appellent donc les autorités à accélérer urgemment les travaux afin d’éviter le pire, surtout à l’approche de la grande saison des pluies.
« Nous vivons des moments très compliqués »
Rencontré sur place, Ansoumane Bangoura, habitant du quartier Lambagni, ne cache pas sa profonde préoccupation face à cette situation devenue insoutenable.
« Ici, nous traversons des moments très compliqués. C’est pourquoi nous avons voulu rencontrer les journalistes pour exprimer nos difficultés quotidiennes. Je suis vraiment content de vous voir ce matin. En cette saison sèche déjà, l’eau peut monter pendant une semaine et inonder le pont en bois. Ensuite, elle redescend, mais les problèmes demeurent », explique-t-il.

Pour lui, le danger est encore plus grand dans les semaines à venir.
« Si rien n’est fait rapidement, la grande saison des pluies va commencer et le quartier Lambagni sera complètement coupé du reste de la ville. Nous avons fait de notre mieux en construisant ce pont en bois, mais aujourd’hui, il ne répond plus aux attentes et provoque même des accidents chez les usagers », déplore-t-il
Rencontré hors micro, un conducteur de moto-taxi, très remonté, dénonce lui aussi le manque de suivi autour de ce projet. Pour lui, il est difficilement compréhensible qu’un ouvrage de moins de 40 mètres puisse prendre plus de quatre années sans être achevé.
Ce constat alimente un sentiment d’abandon chez de nombreux habitants, qui disent ne plus comprendre les raisons de cette longue attente, alors que leur sécurité est désormais directement menacée.
Face à cette situation qui perdure depuis plusieurs années, les habitants du quartier Lambagni lancent un appel solennel aux autorités locales et nationales afin que des mesures urgentes soient prises pour relancer et achever les travaux du nouveau pont.
Car pour eux, il ne s’agit plus seulement d’un simple retard de chantier, mais bien d’une question de sécurité, de mobilité et de survie quotidienne.
À Lambagni, chaque jour qui passe sans la fin de ce pont est un jour de plus où les habitants risquent leur vie pour simplement traverser.
Et si les autorités continuent de tarder, la prochaine grande pluie pourrait transformer ce chantier oublié en drame annoncé.

Mamoudou Kagnèka Bah pour le www Gbaikandjamana.org




