Le trajet reliant Boké à Baguidera demeure un passage obligatoire pour de nombreux citoyens de la région. Pourtant, chaque année, cette traversée représente un véritable danger pour la vie des passagers, faute d’infrastructures adéquates.

En l’absence d’un pont métallique, les usagers sont contraints de traverser une vaste étendue d’eau salée à bord de petites pirogues inconfortables et non sécurisées. Une situation qui plonge les passagers dans une peur permanente à chaque traversée.
Les femmes figurent parmi les principales victimes de cette précarité. Dans le cadre de leurs activités quotidiennes, notamment le commerce, elles empruntent régulièrement ce passage. Chargées de vivres et de condiments destinés à la préparation des repas, elles s’exposent chaque jour à des risques considérables.

Rencontrée au bord de la mer, Mariama Diallo, visiblement déçue, témoigne :« Nous souffrons ici. Nous attendons des heures avec nos condiments pour le riz et la sauce. Quand la pirogue part à Baguidera, elle est obligée d’attendre d’autres passagers avant de revenir nous prendre après le marché. »Elle ajoute :« Alors que le point de départ et celui d’arrivée sont à moins de dix minutes l’un de l’autre, nous payons 2 000 francs guinéens à chaque passage. »
Selon plusieurs habitants, les interpellations adressées à l’État se sont multipliées au fil des années, sans aucune suite favorable. Une situation qui nourrit frustration et résignation.
Hors micro, Mariama Diallo confie ne plus vouloir s’exprimer ni être photographiée :« Les journalistes viennent souvent nous poser les mêmes questions, mais rien ne change. Nous prenons notre mal en patience… que faire ? » Ce cri de cœur illustre une fois de plus le manque criant d’infrastructures et le sentiment d’abandon des secteurs prioritaires dans la région de Kakandé, où, malgré les discours et les promesses, la traversée Boké–Baguidera reste encore aujourd’hui un parcours à haut risque.

Mamadou Bah pour le www.Gbaikandjamana.org



