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À Kakissa, dans la préfecture de Boké, le cri de détresse de deux vigiles affectés à la surveillance d’une antenne téléphonique du réseau MTN reste sans réponse depuis près de trois mois.

Ces agents de sécurité, pères de famille, n’ont toujours pas perçu leur salaire mensuel pourtant déjà modeste, fixé à 550 000 francs guinéens.
Depuis 2 mois et 20 jours, ces vigiles vivent une situation qu’ils qualifient d’alarmante. Malgré la faiblesse de leur rémunération, censée à peine couvrir les besoins élémentaires, ils peinent à être payés régulièrement.
Rencontré sur son lieu de travail, un vigile depuis plusieurs années, exprime avec amertume sa déception sous anonymat :
« Nous sommes deux à travailler ici. Chacun perçoit seulement 550 000 FG. Moi, je suis logé sur le site et j’assure la surveillance 24 heures sur 24. Malgré tous ces efforts, il faut attendre des mois pour être payé. Depuis 2 mois et 20 jours, je n’ai rien reçu. Nous souffrons énormément », témoigne-t-il, visiblement dépassé par la situation.
Selon lui, pour tenter de récupérer leurs salaires, son collègue est souvent contraint de se rendre jusqu’à Boké, auprès du superviseur, faute de compte bancaire permettant un virement plus sécurisé. Une démarche coûteuse et pénible.
« Quand je demande des explications au superviseur, il me répond que ce sont nos chefs qui sont à l’origine de notre souffrance. Pourtant, nous n’avons jamais eu la chance de rencontrer ces responsables », déplore t’il.
Pour joindre les deux bouts, le vigile affirme être obligé d’exercer d’autres activités parallèles, malgré la charge de travail déjà lourde liée à la surveillance permanente du site.
Les vigiles concernés lancent ainsi un appel pressant aux responsables de la société en charge de leur recrutement et, au-delà, aux autorités compétentes, afin que leur situation soit examinée et que leurs conditions de vie et de travail soient améliorées.
À Kakissa, pendant que l’antenne continue de relayer les communications, ceux qui veillent jour et nuit sur sa sécurité attendent toujours l’essentiel : le respect de leur dignité et le paiement de leur travail.

Mamoudou Kagnèka Bah pour Gbaikandjamana.org



