LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Depuis plus de 48 heures, la capitale guinéenne suffoque sous une pénurie aiguë de carburant, particulièrement d’essence. À l’intérieur du pays, certaines villes vivent cette crise depuis bien plus longtemps. Malgré l’ampleur de la situation, aucune explication officielle n’a encore été donnée, laissant place à l’inquiétude et aux spéculations.
Sur le terrain, notre reporter a parcouru plusieurs stations-service à Conakry : quasiment toutes étaient hermétiquement fermées.
À Dubréka, seuls quelques pompistes affirment servir en utilisant leurs derniers stocks, et cela, en toute discrétion. En remontant vers Sonfonia, via Kagbelen et la Cimenterie, même le marché parallèle — habituellement refuge des usagers en période de tension — était totalement à l’arrêt.
Le constat reste le même jusqu’à Dixinn, en traversant Cosa, Bambéto et Hamdalaye : aucune station ouverte, aucune solution alternative.
Au carrefour Constantin, dans la commune de Matam, la seule station encore fonctionnelle était prise d’assaut. Une file interminable de motos et de véhicules démontrait l’ampleur du désarroi des usagers.
Pendant que la pénurie paralyse le quotidien, la SONAP, au cœur du système d’approvisionnement, observe un mutisme total.
Un silence qui, pour beaucoup, commence à peser autant que la crise elle-même.
En attendant une prise de parole officielle, les citoyens n’ont d’autre choix que de subir… et d’espérer.

Ahmadou Djogo pour le www.Gbaikandjamana.org



