À Conakry, la bataille contre l’insalubrité reste loin d’être gagnée. Malgré les multiples initiatives engagées par les autorités pour réduire la prolifération des déchets dans la capitale guinéenne, la réalité sur le terrain demeure préoccupante.

Dans plusieurs carrefours et marchés de la ville, les ordures continuent de s’imposer dans le décor quotidien, offrant une image peu reluisante de la capitale.
Au marché de la Tannerie, situé dans le quartier Yimbaya, commune de Matoto, le constat est alarmant.
Sur place, l’insalubrité s’est installée au cœur même de l’activité commerciale, compliquant le quotidien des vendeuses qui tentent de poursuivre leurs activités dans des conditions de plus en plus difficiles.
Dans la matinée de ce lundi, un reporter de Gbaikandiamana.org s’est rendu sur les lieux pour constater l’ampleur du phénomène.
Entre les tas d’ordures, les mauvaises odeurs persistantes et le manque d’espace dans les hangars, les commerçantes dénoncent une situation devenue insupportable.
Rencontrée sur place, Yalikha Sylla, une marchande du marché, lance un cri du cœur à l’endroit des autorités :
« Je m’adresse au peuple de Guinée en général et particulièrement aux dirigeants. Comme vous le constatez, nous ne sommes plus aux abords de la route, nous sommes maintenant dans les hangars. Mais là-bas, nous n’avons pas suffisamment d’espace pour travailler, et en plus, les ordures nous envahissent avec toutes les odeurs qu’on peut imaginer.
Le marché est vraiment insalubre. Nous souffrons énormément. Nous demandons aux autorités de nous venir en aide, sinon nous sommes réellement exposées à de graves risques sanitaires. »
Au-delà de l’inconfort, cette situation soulève une véritable question de santé publique.
Dans un espace où se vendent des denrées alimentaires et où circulent quotidiennement des centaines de personnes, la présence massive de déchets représente un danger réel pour les commerçantes, les clients et l’environnement immédiat du marché.
À la Tannerie, les marchandes ne réclament ni privilèges ni faveurs, mais simplement un cadre de travail sain et digne.
Tant que les ordures continueront de cohabiter avec les étals, c’est toute l’image de Conakry qui restera ensevelie sous les déchets… et l’inaction.

Amadou Djogo pour Gbaikandiamana.org



