Lansana Daffé, passager et témoin direct, a failli être victime d’un vol organisé ce matin à Conakry, lors d’un trajet en taxi entre KM36 et Gbessia.
Dans un récit précis et troublant, il décrit une opération minutieusement préparée, impliquant le chauffeur et plusieurs passagers, et lance un avertissement à l’ensemble de la population.

Selon le témoignage de Lansana Daffé, le taxi semblait presque complet lorsqu’il est monté à bord. À l’intérieur se trouvaient deux jeunes hommes assis près des portières et une femme de forte corpulence installée entre eux.
Dès les premiers instants, l’espace proposé au passager était anormalement réduit, malgré les injonctions du chauffeur demandant aux occupants de se pousser.
Par mesure de précaution, Lansana Daffé place son sac à dos entre ses pieds. Peu après, l’homme assis à sa droite affirme ressentir une gêne, prétendant qu’« quelque chose le piquait » dans la poche du passager. Une accusation immédiatement rejetée.
Pendant cet échange, le chauffeur adopte une conduite étrange, alternant démarrages et ralentissements injustifiés.
Quelques secondes plus tard, la femme se plaint d’être trop serrée, pendant que le chauffeur évoque un problème de portière mal fermée.
Le véhicule s’immobilise peu après le rond-point de KM36. Sous couvert de régler la situation, plusieurs tentatives d’ouverture de la porte sont simulées.
C’est dans ce contexte de confusion que le sac de Lansana Daffé est saisi par l’un des passagers.
« J’ai eu un mauvais pressentiment », explique-t-il.

En regardant son sac, il constate qu’il a été ouvert et que son contenu est manipulé. Le colis, destiné à N’zérékoré, contenait des livres soigneusement emballés, dont les sachets ont été déchirés.
Lorsque Lansana Daffé interpelle le suspect, celui-ci nie violemment et adopte une attitude agressive. Les autres occupants, y compris le chauffeur, restent silencieux. Malgré plusieurs demandes pour descendre du véhicule, le chauffeur tente de redémarrer avant de finalement ouvrir la portière sous la pression et les cris du passager.
Une fois à l’extérieur, Lansana Daffé accuse publiquement les occupants d’être des voleurs agissant en groupe. L’attroupement formé par les passants met le réseau en difficulté. Aucun des suspects ne répondra aux accusations.
Le témoin affirme avoir compris que tout était prémédité : distraction coordonnée, manipulation volontaire de la portière, rôle précis attribué à chaque passager. Un mode opératoire confirmé plus tard par d’autres usagers, qui reconnaissent cette pratique comme étant de plus en plus répandue à Conakry.
Un appel à la vigilance.
À travers ce témoignage, Lansana Daffé lance un message de prévention clair :
Rester extrêmement vigilant dans les taxis.
Garder ses sacs fermés, visibles et sous contrôle.
Se méfier des situations confuses et des arrêts injustifiés.
Réagir immédiatement et alerter à voix haute en cas de comportement suspect.
Aucune perte matérielle n’a été enregistrée.
Mais ce récit se veut un signal d’alarme face à l’insécurité croissante dans les transports urbains.
« Par la grâce de Dieu, ils n’ont rien pu me voler. Mais que ce témoignage serve à protéger d’autres personnes », conclut Lansana Daffé.




