LA SUITE APRÈS LA PUBLICITÉ
Depuis plusieurs semaines, la préfecture de Siguiri est plongée dans une crise aiguë de carburant.
Une situation alimentée, selon plusieurs sources locales, par un trafic bien organisé vers le Mali et une vente frauduleuse dans les zones minières artisanales, notamment dans les sous préfectures de Bouré et Doko.

Sur le terrain, des vendeurs du marché noir remplissent leurs véhicules en ville avant de se rendre en brousse. Là-bas, ils transvasent l’essence dans des bidons de 20 litres qu’ils revendent aux orpailleurs, majoritairement des Burkinabè.
Dans ces zones d’exploitation, le troc est désormais courant : un bidon de 20 litres contre un gramme d’or, soit environ 1 050 000 francs guinéens. Sur place, le même bidon se revend entre 1 000 000 et 1 020 000 FG, selon la demande.
Plusieurs témoins rencontrés affirment que la plupart de ces trafiquants sont bien connus dans les districts.
« Ce sont des gens que tout le monde connaît ici, mais personne n’ose les dénoncer », confie sous anonymat un habitant de Bouré.
Malgré les plaintes et la flambée des prix, aucune action concrète n’a encore été entreprise pour freiner ce commerce illicite.
La vente clandestine prospère dans la brousse.
La population s’interroge :
Où sont passés les présidents de district ? Où sont les responsables de la jeunesse ?
Des questions qui traduisent un profond sentiment d’abandon dans ces localités minières où le trafic d’or et de carburant fait désormais la loi.
À Siguiri, l’essence ne se cherche plus à la pompe, mais au prix de l’or.

Alseny Philip Denkè Condé pour le www.Gbaikandjamana.org



