Les opérations de déguerpissement engagées par les autorités sur les principales voies publiques de la capitale continuent de susciter réactions et analyses. La rédaction de www.gbaikandjamana.org a rencontré Balla Moussa Konaté, ingénieur en ponts et chaussées, qui salue l’initiative tout en appelant à des mesures d’accompagnement pour en garantir la durabilité.

Pour l’ingénieur, l’acte de déguerpissement en lui-même est nécessaire. « Je salue vraiment l’initiative. C’est une très bonne chose », affirme-t-il.
Toutefois, il rappelle que ces opérations ont souvent été menées par le passé sans résultats durables.
« À chaque fois que l’État déguerpit, le problème revient, alors que ces espaces sont des lieux publics qui appartiennent à tout le monde », souligne-t-il.

La voie publique, un espace vital à protéger
Techniquement, explique Balla Moussa Konaté, la voie publique ne se limite pas à la chaussée destinée aux véhicules. Elle englobe l’ensemble des infrastructures liées à la circulation et aux services essentiels : réseaux d’adduction d’eau, télécommunications, internet, trottoirs, accotements, caniveaux et marges de recul.
« Une route doit respirer. Lorsqu’elle est encombrée, la libre circulation est entravée et cela crée de nombreux problèmes », insiste-t-il, établissant un parallèle avec l’hydraulique : « Quand un canal est obstrué, les déchets s’accumulent. »
L’ingénieur pointe du doigt les constructions anarchiques sur les caniveaux et les étalages installés en béton ou en planches. Selon lui, ces pratiques expliquent en grande partie les inondations récurrentes pendant la saison des pluies. « L’eau, ne pouvant plus suivre son cours normal, est obligée de dévier et d’entrer dans les concessions », explique-t-il.

Le déguerpissement, rappelle-t-il, consiste à retirer de force les installations illégales. « Toute personne attachée à la citoyenneté doit se conformer à la loi pour faciliter la bonne marche des infrastructures et préserver la souveraineté de l’État », affirme-t-il.
Pour autant, Balla Moussa Konaté insiste sur la nécessité de privilégier la sensibilisation avant toute intervention coercitive. « Quand les populations sont averties des dangers, certaines peuvent partir d’elles-mêmes, évitant ainsi des pertes inutiles », estime-t-il.
Il appelle également à une mobilisation des forces de l’ordre pour sécuriser durablement les voies publiques après les opérations.

Il se réjouit par ailleurs des résultats déjà visibles sur certains axes. « Des routes comme Sangoyah ou Enco 5 ne sont plus bloquées. Cela facilite la mobilité, réduit les dépenses liées aux motos-taxis et encourage même la marche, bénéfique pour la santé », note-t-il.
Selon l’ingénieur, des voies dégagées permettent aussi de réduire les accidents de la circulation. « Faute de marges de recul, les piétons partagent souvent la chaussée avec les véhicules, ce qui est dangereux pour tous », déplore-t-il.
Il plaide pour une véritable éducation citoyenne et l’implication des techniciens afin d’expliquer les enjeux liés à l’occupation de l’espace public.
« Tout ne doit pas être transformé en commerce. Il faut une politique nationale claire, mieux organiser les espaces et, si possible, construire en hauteur », suggère-t-il.
En conclusion, Balla Moussa Konaté appelle chaque citoyen à faire primer l’intérêt général. « Chacun de nous a l’obligation de se plier au bonheur commun. Le respect des règles permet à tous de trouver leur compte », affirme-t-il.

𝐒𝐨𝐮𝐥𝐞𝐲𝐦𝐚𝐧𝐞 𝐓𝐚𝐭𝐚 𝐁𝐚𝐧𝐠𝐨𝐮𝐫𝐚 pour www.gbaikandjamana.org
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