Dans le silence pesant des collines de Dinguiraye, un drame humain est venu rappeler à tous la dure réalité de milliers de familles oubliées.

Ce lundi 14 juillet 2025, à N’Dankama, district de Heileyabhe, commune urbaine de Dinguiraye, Abdourahmane Diallo, père de famille de 56 ans, a mis fin à ses jours en se pendant dans sa modeste case.
Un geste désespéré qui vient questionner l’indifférence des autorités face à la détresse sociale et psychologique des plus vulnérables.
Depuis plusieurs années, Abdourahmane Diallo survivait dans la misère. Après avoir tenté sa chance dans plusieurs pays, il était revenu au bercail, sans emploi stable, incapable de subvenir dignement aux besoins de sa famille.

Ses proches racontent un homme usé, abattu, murant son désarroi dans un silence lourd. « Il répétait qu’il ne voyait plus d’issue, mais personne n’imaginait qu’il passerait à l’acte », confie un voisin, la gorge nouée par l’émotion.
Son décès met crûment en lumière la dure réalité vécue dans de nombreuses zones rurales guinéennes : la pauvreté endémique, le manque total d’accompagnement social, l’absence de structures de soutien psychologique.
À N’Dankama, comme dans tant d’autres villages, aucun centre social, aucun agent dédié pour tendre une oreille à ceux qui sombrent dans la détresse.Ce drame n’est pas qu’un fait divers.
C’est le reflet d’un échec collectif, un signal d’alarme lancé à toute la société. Les zones rurales de la Guinée, et notamment celles du Sankaran, doivent enfin bénéficier d’un véritable appui social, économique et humain. Car le bien-être n’est pas un privilège réservé aux villes : c’est un droit fondamental pour tous.
À l’heure où la pauvreté continue de broyer des vies dans un silence assourdissant, il est temps de réagir.
Pour qu’aucun autre père, aucune autre mère, ne se sente obligé de choisir la mort faute d’avoir été entendu.
Alpha Amadou BarryCorrespondant régional de Gbaikandjamana Média dans le Sankaran
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