Au lendemain du grave accident survenu sur la route nationale RN2, entre Serdou et Mansoya, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Kissidougou, Aboubacar Kourouma, a appelé à une prise de conscience collective face aux pratiques de surcharge et aux conditions de transport dans la préfecture.
S’exprimant ce jeudi 24 septembre 2026 après le drame, le magistrat a notamment interpellé les acteurs impliqués dans le contrôle de la circulation, notamment les syndicats, la police et la gendarmerie, sur leur responsabilité au niveau des barrières et des différents points de contrôle.
« Quelles sont les responsabilités prises par les syndicats, la police, la gendarmerie au niveau des barrières ? Est-ce qu’ils ont fait leur travail ? », s’est interrogé le procureur.
Pour le magistrat, les accidents ne doivent pas systématiquement être considérés comme une simple fatalité. Il estime que certaines pratiques observées dans le transport, notamment la surcharge des véhicules, peuvent contribuer à aggraver les risques.
Le procureur a annoncé la tenue prochaine d’une rencontre avec les syndicats et les chauffeurs afin d’échanger sur la question du transport et du respect des règles.
« À compter de ce jour, le Tribunal de Kissidougou prendra sa responsabilité. Nous allons tenir une rencontre avec les syndicats et les chauffeurs et, après cette réunion, nous allons appliquer la loi comme il faut, sans exception », a-t-il déclaré.
Selon lui, des instructions devraient être données dans les prochains jours pour renforcer l’application des règles, notamment concernant les taxis-motos, dont certains transporteraient plusieurs passagers à la fois.
« Il faut que nous mettions fin à la récréation de la surcharge », a insisté Aboubacar Kourouma.
Revenant sur l’accident ayant endeuillé plusieurs familles, le procureur a également appelé les familles à davantage de vigilance lors des déplacements collectifs.
Il a notamment déploré le fait qu’un véhicule conçu pour transporter un nombre limité de passagers puisse être chargé au-delà de sa capacité, parfois sous le regard des proches.
« Vous ne pouvez pas partir pour un mariage et embarquer dans une voiture de huit places plus de dix personnes au vu de toute la famille », a-t-il souligné.
Le magistrat a également évoqué plusieurs hypothèses concernant les conditions dans lesquelles le chauffeur aurait effectué le trajet retour, notamment la fatigue ou une éventuelle consommation d’alcool, tout en précisant que ces éléments doivent être vérifiés.
Aboubacar Kourouma a enfin invité les médias à jouer davantage leur rôle dans la sensibilisation des populations sur les dangers liés à la surcharge et aux mauvaises pratiques dans le transport.
« Même s’il y a accident, nous allons chercher à savoir comment cela est arrivé. Il faut que chacun fasse une prise de conscience », a-t-il déclaré.
Le procureur a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et a réaffirmé la nécessité d’une implication de l’ensemble des acteurs – autorités, forces de sécurité, transporteurs, familles et médias – dans la prévention des accidents de la circulation.
Cette sortie intervient alors que les circonstances exactes de l’accident survenu dans la nuit du mercredi 23 septembre à proximité de Mansoya font encore l’objet de vérifications.

Kissidougou Ibrahima Siré Traoré pour le www.Gbaikandjamana.org




