Nous sommes plus de 17 millions d’habitants en Guinée, avec 6 768 458 électeurs inscrits, soit environ 39,8 % de la population, et 5 608 520 votants, soit 82,86 % de votants. Ce taux de participation a été atteint grâce aux efforts fournis par les responsables locaux qui ont mis leurs services à disposition afin de permettre à certains électeurs de récupérer leurs cartes, ainsi qu’aux réalités des urnes lors des élections en Guinée.
Malgré la faible participation des citoyens aux élections présidentielles et les facteurs annonciateurs d’une faible participation aux élections du 31 mai prochain en raison de la fête de Tabaski prévue pour le 27 mai 2026, il semblerait que la Direction Générale des Élections (DGE) ne veuille pas tirer de leçon et serait prête à aller aux élections sans tenir compte de la mobilité des citoyens.
Cette fête, en Guinée, appelée la fête du mouton, entraîne un déplacement massif des citoyens vers leurs villes d’origine pour fêter auprès de leurs familles, comme la Mamaya de Kankan à laquelle le président de la République participe.
Avec cette tendance, si toutefois la DGE ne réagit pas, la mobilité des électeurs pourrait réduire le taux de participation de moitié, soit environ 3 000 000 d’électeurs, ce qui pourrait impacter le total des votants.
Au-delà, les élections sont prévues pour le 31 mai et les candidats doivent recevoir leurs subventions de campagne le 20 mai, soit seulement 10 jours de campagne. Ceux qui font campagne sont soit des administrateurs de l’État, qui devraient être éloignés par le code électoral, soit des partis politiques financièrement bien assis, mais en réalité, les lois sont souvent contournées en Guinée. Ils font campagne à bord de véhicules de service et autres moyens administratifs.
Si la date du 31 mai est maintenue, les élections risquent d’être banalisées, avec un faible taux de participation, ce qui pourrait réduire leur crédibilité, déjà fragilisée par le non-respect du code électoral par certains administrateurs, ainsi que par les alliances politiques ayant créé un déséquilibre entre ceux qui pratiquent la politique de la chaise vide et ceux qui aspirent à conquérir le pouvoir.
Pour que les candidats aient un temps suffisant pour mener leur campagne de manière logique et que les électeurs puissent participer sans exception, il serait préférable de renvoyer les élections au 10 juin, soit 12 jours après la fête, afin de permettre aux électeurs d’être disponibles et présents.

DOCTRINAIRE.




