Une manifestation organisée mardi 18 février 2026 à Siguiri par l’Association des Jeunes pour le Progrès de Siguiri, pour dénoncer l’utilisation des machines communément appelées « poclains » dans les zones minières, a conduit à l’interpellation de 24 personnes, dont 9 mineures.

Les personnes arrêtées sont actuellement retenues dans les locaux de la compagnie de gendarmerie territoriale de Siguiri. L’information a été confirmée ce mercredi 19 février par le procureur de la République près le tribunal de première instance de Siguiri, Dominique Loua.

S’exprimant sur les événements, le magistrat a regretté une situation qu’il estime évitable. Selon lui, les autorités avaient déjà sensibilisé les jeunes sur la conduite à tenir face aux exploitations clandestines. « Nous avons lancé des appels pour qu’en cas de constat d’activités illégales, ils saisissent les autorités compétentes afin que des missions soient dépêchées pour interpeller les contrevenants. Il ne leur appartient pas de se rendre justice eux-mêmes ni de s’attaquer aux biens d’autrui », a-t-il déclaré.
Le procureur a également évoqué les conséquences de la mobilisation, marquée par d’importants dégâts matériels et une paralysie partielle de la ville. Plusieurs machines auraient été incendiées, provoquant des tensions et des perturbations majeures dans les activités économiques et sociales.
Concernant les arrestations, Dominique Loua a précisé que 15 personnes majeures et 9 mineures figurent parmi les interpellés, tout en soulignant que les enquêtes se poursuivent. « Tous ceux qui seront identifiés comme impliqués seront interpellés, présentés devant le parquet et traduits en justice conformément à la loi », a-t-il assuré.
Le mouvement de protestation a entraîné la fermeture temporaire de plusieurs établissements scolaires, banques, commerces et boutiques, tandis que le grand marché de Siguiri a été fortement impacté.
Les manifestants ont parcouru les principales artères de la ville aurifère pour exprimer leur opposition à l’exploitation minière mécanisée dans certaines zones.
La tension est montée d’un cran après l’interpellation de Mamadi Sylla, connu sous le sobriquet « Popsy », événement qui a contribué à amplifier la mobilisation et les perturbations observées dans la cité.
Cette nouvelle crise autour de l’exploitation minière illustre, une fois de plus, la sensibilité du dossier des « poclains » à Siguiri, où se mêlent enjeux économiques, préoccupations environnementales et frustrations sociales.
Reste désormais à savoir si le dialogue entre autorités, exploitants et populations permettra d’éviter une escalade durable des tensions dans cette zone stratégique de l’économie aurifère guinéenne.
Jeannette Jacky Traoré pour le www.Gbaikandjamana.org
Décryptage: Alseny Philip Denkè Condé
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