Nommé en mars 2024 ministre de l’Information et de la Communication par le président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, Fana Soumah s’est progressivement imposé comme l’une des figures les plus visibles et les plus actives du gouvernement de transition.
Son approche, fondée sur la proximité, la communication et l’inclusion, tranche avec les pratiques traditionnelles longtemps reprochées à ce département stratégique.
Dans un contexte où la forte présence sécuritaire autour des autorités est souvent perçue comme un symbole de pouvoir, Fana Soumah semble défendre une autre vision de la gouvernance : celle d’un ministre dont la sécurité repose avant tout sur le soutien populaire.
Cette posture, largement relayée dans l’opinion publique, renforce l’image d’un responsable accessible, confiant dans le lien direct qui l’unit aux citoyens.

Ancien journaliste, puis directeur général de la Radio Télévision Guinéenne (RTG) de 2021 à 2024, Fana Soumah connaît les réalités du métier de l’intérieur. Cette trajectoire, marquée par une ascension progressive à travers les différents échelons du journalisme, lui confère une crédibilité particulière auprès des professionnels des médias.
Depuis son arrivée à la tête du ministère, cette expertise se reflète dans sa manière de dialoguer avec la presse, tant publique que privée.
Longtemps perçu comme un département en tension avec les médias indépendants, le ministère de l’Information et de la Communication semble amorcer, sous son impulsion, une phase de rapprochement et d’apaisement.
L’un des axes majeurs de l’action du ministre reste le déploiement des relais radios rurales à travers le pays. Avec un projet visant l’installation de plus d’une trentaine de stations, cette initiative est perçue comme une avancée significative pour les populations rurales, souvent confrontées à un accès limité à l’information.
En intégrant les villages les plus reculés dans la stratégie nationale de communication, Fana Soumah répond à un enjeu fondamental : la réduction de la fracture informationnelle entre les centres urbains et les zones rurales.
Cette politique contribue non seulement à l’éducation citoyenne, mais aussi à une meilleure participation des communautés locales à la vie nationale.
Sur le plan du contenu, le ministre s’est également distingué par son plaidoyer constant en faveur d’une presse responsable. Ses appels répétés aux journalistes à éviter les discours de haine et à promouvoir la paix, l’unité nationale et la cohésion sociale s’inscrivent dans un contexte de transition politique particulièrement sensible.
En reconnaissant le rôle central des médias dans le débat public entre soutien critique et veille démocratique Fana Soumah mise sur la communication comme un levier de stabilité, de transparence et de gouvernance apaisée.
Parmi les gestes forts posés depuis sa prise de fonction, la mise à disposition de son bureau à l’ensemble des journalistes guinéens, sans distinction, marque une rupture avec certaines pratiques du passé. Cette ouverture est renforcée par les nominations opérées au sein du ministère, notamment celles des directeurs régionaux de l’Information et de la Communication, majoritairement issus du monde des médias.
À cela s’ajoute l’intégration de plusieurs stagiaires de la RTG à la fonction publique, traduisant une volonté de professionnalisation du secteur et de reconnaissance des compétences internes, au service d’une information plus crédible et mieux structurée.

Depuis sa nomination, Fana Soumah affiche une présence constante sur le terrain et une communication soutenue avec les acteurs médiatiques et les communautés locales. Ce style de leadership, fondé sur l’écoute, la concertation et la collaboration, renforce sa crédibilité dans un contexte de transition où la confiance entre gouvernants et gouvernés demeure un enjeu central.
Toutefois, si les premières actions sont largement saluées, le véritable défi résidera dans la pérennisation des réformes engagées.
La consolidation des radios rurales, la protection effective de la liberté de la presse et l’équilibre entre responsabilité médiatique et pluralisme resteront des indicateurs clés pour évaluer l’impact durable de son mandat.
Fana Soumah incarne aujourd’hui une approche renouvelée du ministère de l’Information et de la Communication, axée sur la proximité, l’inclusion et la responsabilité. Dans le cadre de la transition conduite par le président Mamadi Doumbouya, son action contribue à repositionner l’information comme un pilier essentiel de la cohésion sociale et de la gouvernance.
Reste à savoir si cette dynamique actuelle se traduira, à long terme, par une transformation structurelle et durable du paysage médiatique guinéen.

Souleymane Tata Bangoura Journaliste de www.gbaikandjamana.org



