Le quartier Dandaya de la commune urbaine de Faranah a vécu l’horreur dans la nuit du samedi à dimanche. Entre 3h et 4h du matin, un incendie d’une rare violence a ravagé trois boutiques, réduisant à néant les efforts d’une vie. L’origine du feu, que plusieurs qualifient déjà de criminelle, soulève inquiétude et indignation dans une ville encore sous le choc.
Les flammes se sont rapidement propagées, nourries par la présence de produits hautement inflammables. Les trois boutiques, spécialisées dans le commerce d’articles divers, ont été entièrement consumées avant même l’intervention des secours.
Malgré les efforts louables des sapeurs-pompiers, les dégâts sont colossaux : plusieurs millions de francs guinéens partis en fumée.
Pour les propriétaires, c’est la catastrophe : aucun bien n’a pu être sauvé.

Certains, comme S’adjo Barry, ont frôlé la mort.
« J’étais couché à l’intérieur quand j’ai senti la chaleur. La fumée m’a réveillé. C’est un miracle si je suis en vie. Mais tout est parti. Absolument tout », raconte-t-il, la voix tremblante.

Alerté en pleine nuit, Mamadou Kaba Sow n’a pu que constater les dégâts :
« Quand je suis arrivé, c’était trop tard. Je suis ruiné. Je ne sais pas comment je vais m’en sortir. »

Quant à Mamadou Lamarana Barry, il lance un appel déchirant :
« J’ai tout perdu. C’est une douleur indescriptible. Je supplie l’État, les ONG et les personnes de bonne volonté de nous aider. Et surtout, que justice soit faite. »
Face à ce qu’ils qualifient d’acte criminel, les victimes exigent l’ouverture immédiate d’une enquête pour situer les responsabilités et punir les auteurs. Le silence ou l’inaction, selon eux, serait une trahison envers tous les petits commerçants de la région, déjà fragilisés par la conjoncture économique.
Ce drame remet en lumière la vulnérabilité des acteurs du secteur informel, souvent livrés à eux-mêmes, sans assurance ni sécurité adéquate. Il interpelle aussi sur la nécessité pour les autorités locales de renforcer la prévention et la protection des zones commerciales, souvent densément peuplées et mal surveillées.
Aujourd’hui, à Dandaya, les cendres fument encore. Mais au-delà des débris, ce sont des rêves brisés qu’on tente de ramasser. Un drame de trop, qui appelle non seulement à la compassion, mais aussi à l’action. Car derrière chaque boutique calcinée, il y a une famille, un espoir, un avenir qu’il faut maintenant reconstruire.
Alpha Amadou Barry
Chef de bureau régional Gbaikandjamana Média – Faranah
📞 623 47 83 39



