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Rien ne va plus à la Compagnie des Bauxites de Kindia (CBK). Les travailleurs ont enclenché depuis ce 30 octobre une grève illimitée pour exiger le respect de leurs droits et de la convention signée entre les centrales syndicales, l’État et le patronat.

Selon Sékouba Soumah, conducteur de locomotive et porte-parole des grévistes, cette mobilisation n’est pas une première, mais elle pourrait bien être celle de trop.
« La convention qui a été signée entre les centrales syndicales, l’État et le patronat pour les travailleurs de la mine n’est pas respectée. Ce n’est pas la première fois qu’on arrête le travail, c’est la troisième fois. Nous voulons que ce soit la dernière », a-t-il déclaré d’un ton ferme.

Le syndicaliste déplore les conditions de vie jugées précaires des employés, malgré plusieurs promesses restées sans suite.
« Le 1er septembre 2025, nous avions arrêté le travail. L’inspecteur général régional est venu, puis celui du travail. Ils nous ont demandé dix jours pour résoudre le problème, mais rien n’a été fait jusqu’au 15 octobre. Nos patrons et nos syndicats ont même discuté au ministère de la Fonction publique et à celui des Mines et de la Géologie, sans résultat concret », explique-t-il.
Selon les travailleurs, certains employés n’ont reçu que 1,5 à 3 millions GNF comme salaire mensuel, loin des montants prévus par la convention.
« La convention stipule qu’un agent de maîtrise doit avoir un salaire de base de 8,5 millions, et un ouvrier non qualifié 2,6 millions. Mais aucun d’entre nous ne touche ces montants », dénonce Sékouba Soumah.
La situation devient de plus en plus intenable pour ces mineurs qui disent vivre « dans une extrême précarité » après plusieurs années de service sans véritable progrès social.
« Certains ont plus de 20 ans de service sans avoir pu construire une maison. Pour acheter un terrain, il faut faire un prêt à la banque. C’est inacceptable », ajoute-t-il, la voix chargée d’émotion.
Face à ce qu’ils qualifient de mépris de leur direction, les grévistes lancent un appel direct au Président de la République, le Général Mamadi Doumbouya, pour qu’il intervienne personnellement.
« Nous demandons au chef de l’État de se pencher sur notre situation. Si vraiment nous sommes ses frères, qu’il nous aide à sortir de cette misère », a plaidé M. Soumah.
Contactée par les syndicats, la direction générale de la CBK, dirigée par M. Peter Gayaski, campe sur sa position :
« Il n’a pas un franc à ajouter sur le salaire des travailleurs. Celui qui n’est pas satisfait n’a qu’à écrire et quitter la société », aurait-il répondu, selon le porte-parole des manifestants.
Pour l’heure, les activités restent paralysées sur le site de la CBK, en attendant une réaction des autorités compétentes.
Entre promesses non tenues et désespoir social, les travailleurs de la CBK semblent déterminés à aller jusqu’au bout cette fois. Leur mot d’ordre est clair : pas de reprise sans justice salariale.

Ahmadou djodjo pour le www.Gbaikandjamana.irg



